«Nous ne pouvons pas continuer à emprunter sur l’avenir de nos enfants, ou permettre à des intérêts particuliers de déterminer comment les dollars de l’Etat sont dépensés», a affirmé Barack Obama dans son introduction au budget.

La Maison Blanche a revu à la hausse ses prévisions de déficit pour l’exercice en cours (octobre 2009 à septembre 2010). Celui-ci devrait être de 1556 milliards de dollars (10,6% du PIB), alors que l’administration avait dit, en octobre, s’attendre à 1502 milliards.

Pour le prochain exercice, (octobre 2010 à septembre 2011), les dépenses devraient être de 3721 milliards de dollars, en hausse de 3% par rapport à l’exercice en cours. Tablant sur une solide reprise économique et une augmentation de 19% des recettes fiscales, le plan budgétaire dévoilé par Barack Obama vise à réduire ce déficit au niveau de 1267 milliards (8,3% du PIB).

L’une des décisions les plus fortes, et qui sera peut-être l’une des plus difficiles à faire voter au Congrès, est l’arrêt du programme Constellation. Décidé par l’ancien président George W. Bush en 2004, celui-ci prévoit le retour des Américains sur la Lune à l’horizon 2020 et, au-delà, des vols habités vers Mars.

La priorité annoncée est la lutte contre le chômage, qui a franchi en octobre la barre des 10%, une première depuis 1983. «L’une des choses sur lesquelles nous nous concentrons, c’est de stimuler la création d’emplois», a affirmé le responsable du budget Peter Orszag, lors d’une conférence téléphonique précédant la présentation de Barack Obama. «Le budget prévoit 100 milliards de dollars pour des investissements immédiats créant des emplois, dans des réductions d’impôts pour les petites et moyennes entreprises, l’infrastructure, et l’énergie verte», a précisé la Maison Blanche.

L’exercice 2011 doit marquer non seulement la fin du plan de relance de 787 milliards de dollars sur trois ans promulgué en février 2009, dont l’essentiel était concentré sur l’exercice 2010, mais aussi l’expiration de réductions d’impôts pour les ménages, qui ne seront pas reconduites pour les plus fortunés d’entre eux. «C’est un budget qui s’attaque à toutes ces questions, et qui contribue à poser des fondations à long terme pour l’économie […] et qui se penche sur des défis longtemps délaissés, dont la santé, le système d’éducation, et l’évolution vers les énergies propres», a estimé un haut responsable à la Maison-Blanche. Doivent être supprimées également toutes les subventions pour les énergies fossiles.

Plus globalement, M. Obama propose un gel pendant trois ans des dépenses hors programmes sociaux et questions de sécurité. Et il maintient sa promesse de diviser le déficit de l’Etat fédéral par deux entre 2010 et 2013. Celui-ci tomberait à 828 milliards de dollars (soit 5,1% du PIB) lors de l’exercice 2012, puis 727 milliards (4,2% du PIB) en 2013. Cela suppose «des choix difficiles», a reconnu la Maison Blanche. «Les dépenses de l’Etat fédéral sont un peu comme un porte-avions, il faut commencer à faire tourner le bateau bien en avance», a considéré M. Orszag.

Le président tient à impliquer le Congrès dans cette tâche, proposant la création d’une commission bipartite pour examiner les moyens de parvenir à terme à un budget équilibré, hors remboursement de la dette.