Le président américain a dénoncé samedi la collusion qui existe entre des élus républicains du Congrès et des lobbyistes de Wall Street. Il les a accusés d’être alliés pour empêcher davantage de régulations aux pratiques du secteur financier.

«La semaine dernière, des dirigeants républicains à la Chambre (des représentants) ont réuni plus de 100 des principaux lobbyistes du secteur financier pour leur demander de redoubler d’efforts afin de bloquer une réforme financière significative», a affirmé M. Obama dans son allocution radiodiffusée hebdomadaire.

«Ils n’avaient pas vraiment besoin d’être encouragés», a poursuivi M. Obama à propos des représentants des groupes d’influence, qui ont pignon sur rue au Congrès. «Ces lobbyistes (de Wall Street) ont déjà dépensé plus de 300 millions de dollars pour tenter d’influer sur le débat cette année», a-t-il assuré.

La Chambre des représentants américaine a approuvé vendredi un projet de loi de «Réforme de Wall Street». Ce texte prévoit notamment la création d’une agence financière de protection des consommateurs pour réglementer certains produits financiers et éviter les pratiques abusives.

Mais ce projet doit encore être approuvé par le Sénat, réputé plus conservateur bien que les démocrates y disposent aussi de la majorité. Aucun vote n’y est attendu avant 2010.

Le secteur financier et ses «agents» au Congrès «affirment que des réformes comme (la création de) l’agence financière de protection des consommateurs va réduire le choix des consommateurs et que de nouvelles règles et systèmes de surveillance vont empêcher les innovations dans les marchés financiers», a remarqué le président.

«Mais les Américains ne choisissent pas de devenir les victimes de frais mystérieux, de contrats dont le contenu change en cours de route et de longues pages écrites en petits caractères», a plaidé le président.

«Si l’innovation doit être encouragée, les montages risqués qui menacent notre économie tout entière ne doivent pas» l’être, a encore dit M. Obama.

Pas de taxe spéciale sur les bonus

Le gouvernement américain ne prévoit «pas pour l’instant» d’imposer une taxe spéciale sur les bonus bancaires de 2009, a indiqué une porte-parole du Trésor à Washington, en réponse à un journaliste qui lui demandait si le gouvernement prévoyait une «action similaire» à celle de Paris et Londres.

La Grande-Bretagne et la France ont annoncé jeudi que les bonus versés par les banques à leurs employés au titre de l’année 2009 feraient l’objet d’une taxe exceptionnelle de 50 %.

Lors de leur sommet à Pittsburgh (Etats-Unis) en octobre, les dirigeants du G20 ont promis de «veiller à ce que [leurs] systèmes de régulation des banques et des autres établissements financiers contiennent les excès qui ont conduit à la crise».

Aux Etats-Unis, la banque centrale (Fed) a ordonné aux plus grandes banques présentes aux Etats-Unis de revoir leur politique de bonus de telle sorte que celle-ci «ne sape pas» leur «sécurité» et leur «santé» financière.

Le secrétaire au Trésor Tim Geithner a redit le 5 décembre qu’il fallait «en finir avec l’ère des gros bonus bancaires irresponsables», mais la question de l’intervention de l’Etat sur le sujet par la voie législative reste taboue.