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Barbara Lax a lancé son entreprise en 2012.
© DAVID BIEDERT

Entrepreneuriat

Barbara Lax, couronnée Femme d’affaires de l’année en Suisse

La fondatrice de Little Green House, un réseau de crèches multilingues et proches de la nature, a reçu un prix décerné par Veuve Clicquot. Elle faisait déjà partie des champions de la croissance sélectionnés par «Le Temps»

La concurrence était particulièrement rude. C’est Barbara Lax qui l’a finalement emporté. La fondatrice de Little Green House a été couronnée femme d’affaires 2017 en Suisse, un prix décerné par les champagnes Veuve Clicquot jeudi soir à Zurich.

Au total, le concours a réuni vingt candidates dont trois étaient sélectionnées comme finalistes: Alisée de Tonnac (cofondatrice et directrice générale de Seedstars) et Kamila Markram (cofondatrice et directrice générale de Frontiers) aux côtés de l’entrepreneuse d’origine allemande, qui a lancé son réseau de crèches multilingues (français, anglais et allemand) et proches de la nature en 2012.

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Président de la maison Veuve Clicquot, Jean-Marc Gallot a estimé qu'«on retrouve, chez Barbara Lax et son réseau de crèches Little Green House, cet altruisme et cette détermination propres à un vrai entrepreneur, qui ont marqué la carrière de Mme Clicquot et qui sont une vraie source d’inspiration pour toutes les femmes d’aujourd’hui». Cette dernière, veuve à 27 ans et surnommée «la Grande Dame de la Champagne», décide de reprendre l’affaire de son mari, lancée trente-trois ans auparavant par son beau-père en 1772. Elle se révèle une femme d’affaires hors pair et multiplie la production et les ventes de champagne. Créé en 1972, ce prix a été remis à plus de 300 femmes, dans 27 pays. Cette année, Stéphane Benoit-Godet, rédacteur en chef du Temps, était membre du jury pour la Suisse.

C’est à la naissance de la fille de Barbara Lax que commence à germer l’idée de Little Green House. Impossible de trouver une crèche qui corresponde à son idéal, multilingue, proche de la nature, innovante. Alors employée de Caterpillar, cette ingénieure en génie civile diplômée de l’EPFL commence à réfléchir à un modèle d’affaires. «J’avais l’habitude de faire des études de marché et, petit à petit, le projet a pris forme», explique-t-elle. Jusqu’à ne plus pouvoir reculer, lorsqu’elle signe un premier bail à Gland (VD): «Mes collègues rigolaient quand je leur ai annoncé mon idée de crèche, ils pensaient que je voulais simplement m’occuper de ma fille», raconte-t-elle.

Lire aussi: Alisée de Tonnac, globe-trotteuse technologique

«Championne de la croissance»

Il en faut plus pour décourager cette triathlète et ironwoman. Le plus difficile est de trouver des financements. La plupart des banques l’écoutent mais l’éconduisent. C’est finalement la Banque alternative, qui dispose d’un programme spécial pour aider les femmes à lancer leur entreprise, qui fournit des fonds. Cela n’empêche pas Barbara Lax de devoir engouffrer ses économies et mettre en gage sa maison pour ouvrir sa première crèche à Gland.

Puis, c’est la flambée: de 15 personnes en 2012, Little Green House compte aujourd’hui 120 employés. Elle ouvre trois autres crèches dans la région de La Côte, avant d’inaugurer l’année prochaine la première en terres alémaniques à Zurich. Au début de cette année, elle est classée douzième sur 55 entreprises «Championnes de la croissance», un classement réalisé par la Handelszeitung et Le Temps, avec la collaboration de l’institut de recherche Statista. Une étude qui identifie les sociétés suisses qui profitent le plus des transformations de l’économie et montrent une forte croissance de leur chiffre d’affaires, qui devait se monter au moins à 100 000 francs en 2012 et à 1 million en 2015.

Idéaliste, mais pas que

Pour Barbara Lax, ce prix «donnera de la visibilité et de la crédibilité» à son entreprise, tout en l’aidant à avoir plus de poids dans des négociations futures. Car la croissance continue: outre la nouvelle crèche zurichoise, l’entrepreneuse est en discussion avec plusieurs entreprises, soit pour leur réserver des places dans ses établissements, soit pour reprendre la gestion de leurs propres crèches. «Les entreprises sont contentes de pouvoir externaliser à quelqu’un d’idéaliste mais qui gère quand même une crèche comme un vrai business.»

Celle qui avoue n’avoir pas compté les «nuits sans sommeil» au début de l’aventure, dit aujourd’hui apprécier d’avoir un «impact tangible dans la société». «Je suis endurante, je pensais que rien ne serait plus dur que de faire des Ironman. J’ai découvert que si. Mais j’ai appris à gérer, aujourd’hui je travaille moins, mieux, et je peux refaire du sport.» Mais pas des Ironman.

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