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HORLOGERIE

A la barbe de LVMH, Swatch Group s'offre Breguet

Swatch Group rachète une marque de prestige et une manufacture de mouvements. Le rachat de Breguet et l'offre publique d'achat de LVMH sur TAG Heuer annoncent le début d'une phase de consolidation de l'industrie horlogère suisse

Nicolas Hayek a réussi un coup stratégique parfait. Quelques heures après l'annonce de l'OPA de LVMH sur TAG Heuer (lire Le Temps du 14 septembre), Nicolas Hayek doublait le groupe de luxe français et finalisait avec Investcorp un protocole d'accord pour mettre la main sur le Groupe Horloger Breguet (GHB).

Au-delà de ce joyau horloger très convoité qu'est la marque Breguet, l'acquisition porte également sur l'entreprise de production de montres et mouvements Nouvelle Lemania. De fait, Swatch Group renforce son secteur horloger de prestige et devient plus que jamais un interlocuteur incontournable dans la production de mouvements mécaniques haut de gamme.

La valeur de la transaction – non communiquée – se situerait selon les évaluations retenues entre 150 et 170 millions de francs.

Avec GHB, Swatch Group met la main sur trois entités distinctes installées à la vallée de Joux et regroupées sous une société faîtière, Breguet SA, installée place Vendôme à Paris. Il s'agit de Montres Breguet SA (conception, développement et distribution des montres Breguet), de Nouvelle Lemania (production de montres et mouvements mécaniques haut de gamme) et de Valdar (production de composants micromécaniques). GHB occupe 460 personnes, contre 380 en 1996.

La lutte pour cette acquisition fut serrée. A la fin de la semaine dernière, LVMH présentait une offre au groupe financier arabo-américain Investcorp pour acquérir l'ensemble de son pôle horloger-joaillier: GHB, mais aussi les sociétés Ebel et Chaumet. Bien que fort discret sur ces transactions, Investcorp espérait récupérer au minimum 470 millions de francs de la vente globale. Or Swatch Group, bien qu'informé des velléités de LVMH, a toujours manifesté un fort intérêt pour GHB, un intérêt moindre pour Ebel et quasi inexistant pour Chaumet.

Investcorp avait acquis Breguet en 1987. Fondée en 1775, cette marque est dotée d'un atout exceptionnel: aucune autre société horlogère ne peut se prévaloir de porter le nom de celui qui est considéré par beaucoup comme le plus génial horloger de tous les temps.

Dès son arrivée à fin 1995 à la tête de Breguet, Jean-Joseph Jacober (ancien de Procter & Gamble, RJR. Nabisco et Patek Philippe) avait une mission claire: redresser Breguet qui, après une tentative de mise en Bourse avortée en 1991, se traînait dans les chiffres rouges. Quatre ans plus tard, GHB a renoué avec les bénéfices (estimés pour le dernier exercice entre 10 et 12 millions de francs pour un chiffre d'affaires de l'ordre de 120 millions). La stratégie développée depuis quatre ans par la direction actuelle – Jean-Joseph Jacober, entouré notamment de Michel Waelchli (ex-Rolex, technique) et Bill Muirhead (finances) – ainsi que le plan d'investissements approuvé il y a trois ans par Investcorp ont porté leurs fruits. Mais un obstacle pointe à l'horizon: la nécessité de bâtir un nouveau site de production pour Nouvelle Lemania afin de réduire le cycle de production et de mieux répondre à la demande. A cet égard, il est presque certain que Swatch Group devra procéder à un investissement conséquent de 30 à 40 millions de francs. Le fera-t-il pour Nouvelle Lemania seule? Regroupera-t-il sur un site les activités de Frédéric Piguet et de Nouvelle Lemania? Les questions restent ouvertes.

Par l'acquisition de Nouvelle Lemania et Valdar, Swatch Group élargit encore sa base industrielle. A tel point qu'en ce qui concerne les mouvements mécaniques, il devient un fournisseur incontournable avec les sociétés Eta, Frédéric Piguet et Nouvelle Lemania. Gageons que plusieurs marques qui s'approvisionnaient jusqu'ici chez Nouvelle Lemania en mouvements de qualité, voient avec inquiétude cette concentration dans la seule main de Nicolas Hayek.

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