Le baril d’or noir «au cœur de la tempête»

Pétrole Le prix du brut est au plus bas

Une dégringolade foudroyante. Alors qu’il atteignait encore des records cet été sur fond de craintes en Irak, le prix du baril de pétrole s’est effondré cet automne, atteignant vendredi des niveaux que les terminaux des traders n’avaient plus affichés depuis des années. Ainsi, à Londres, le baril de Brent de la mer du Nord a franchi jeudi soir le plancher des 90 dollars quand, à New York, l’autre prix de référence – le baril de «light sweet crude» – tombait à 83,59 dollars. «L’or noir se trouve au cœur de la tempête», constate Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank.

Redistribution des cartes

Du côté de l’offre d’abord. Le pétrole de schiste ne semble plus vouloir s’arrêter de couler aux Etats-Unis. Un exemple: la désormais célèbre formation de Bakken (Dakota du Nord) a franchi en mars le cap du million de barils extraits au quotidien – 13% de la demande domestique totale, calculait l’agence Fitch cette semaine. Mais cette abondance se cantonne – pour l’heure – à abreuver les moteurs américains puisque les Etats-Unis n’ont pas le droit d’exporter leur brut. En revanche, par ricochet, les exportateurs angolais ou nigérians – «très dépendants des consommateurs américains», selon Ole Hansen – se retrouvent avec des millions de barils sur les bras. En parallèle, la situation s’améliore en Libye puisque des quelques milliers de barils qu’elle pouvait exporter durant la crise, Tripoli semble aujourd’hui en mesure de produire 700 000-800 000 barils par jour. «Ce qui ne représente toutefois que la moitié de sa production historique», précise Ole Hansen.

Côté demande, l’effondrement est général. Non seulement la crise en Europe continue de pénaliser la consommation d’or noir, mais elle freine indirectement une Chine déjà essoufflée – dont l’essentiel des produits exportés aboutit sur le Vieux Continent.

Verdict? Tous les yeux sont aujourd’hui tournés vers les barons de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) qui doivent se retrouver le 27 novembre à Vienne. On saura alors quelles solutions seront retenues pour forcer le brut à retrouver son niveau jugé idéal – 100 dollars.