Ma planète finance

Le baril vaudois

Comme chaque année, les traders de pétrole s’étaient donné rendez-vous à Lausanne la semaine dernière. L’occasion d’un dépaysement total durant trois jours

Comme à chaque début de printemps, les traders de pétrole s’étaient donné rendez-vous sur les rives du Léman la semaine dernière. Un «break» de trois jours organisé par le Financial Times et pour lequel ils ont pris l’habitude de laisser leurs rivalités au vestiaire. Entre deux «tables rondes», ils peuvent ainsi parler affaires dans la joie et la bonne humeur autour d’une coupe de champagne ou d’un verre de chasselas.

Car pour être certains que ces commerçants dans l’âme ne soient pas tentés d’aller négocier quelques milliers de barils durant la pause déjeuner, il a été décidé, dès la première édition de ce sommet il y a cinq ans, de l’exiler sur la Riviera vaudoise. A l’Hôtel Beau-Rivage de Lausanne plus précisément, bien loin des bureaux et des tentations genevoises des négociants.

Pour ces traders à l’accent britannique davantage que vaudois, et qui admirent généralement les Alpes suisses du haut du Mont-Fort plutôt que des rives d’Ouchy, ces trois jours représentent l’occasion annuelle parfaite de se dépayser. Un dépaysement qui n’est pas pour leur déplaire au vu des mines réjouies qu’ils affichaient cette année dans les jardins du Beau-Rivage (à moins, bien sûr, que ce ne soit là l’effet des bénéfices record qu’ils ont enregistrés en 2015).

Peu importe. Il y avait une fois encore du beau monde au rendez-vous: les patrons des grands groupes de négoce, évidemment, mais aussi des stars de la gestion alternative, le ministre irakien du Pétrole et même quelques banquiers privés genevois dont on se demande s’ils ne s’étaient pas égarés. Les discussions, quant à elles, ont porté sur le contango, l’Iran, la réglementation, Donald Trump, la réunion de Doha et l’éventuel gel de la production russe et saoudienne.

Il fut surtout question de l’inévitable remontée des cours du pétrole. Si certains se sont risqués au jeu des pronostics – annonçant le baril à 50 dollars d’ici à la fin de l’année, 80 en 2017, puis 100 voire 120 par la suite –, d’autres ont préféré rester prudents. Tous, néanmoins, se sont accordés sur un point: les prix vont augmenter ces prochains mois. Le plein d’essence devrait ainsi coûter un brin plus cher l’année prochaine pour venir se mettre au vert du côté d’Ouchy. Mais mon petit doigt me dit que ce n’est pas forcément pour déplaire aux traders.

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