Réalité virtuelle

A la barre, Mark Zuckerberg dément un vol technologique

Le fondateur de Facebook a défendu Oculus, le fabricant de casque de réalité virtuelle qu’il a racheté pour deux milliards de dollars

Costumé et cravaté, Mark Zuckerberg a témoigné mardi 17 janvier devant un tribunal de Dallas au Texas. Interrogé pendant plus de deux heures, le patron et cofondateur du réseau social américain Facebook a rejeté les accusations formulées à l’encontre d’Oculus, le spécialiste des casques de réalité virtuelle racheté en mars 2014 pour deux milliards de dollars. Celui-ci est accusé d’avoir volé des technologies appartenant à la société américaine ZeniMax.

Ce procès, qui s’est ouvert la semaine dernière, intervient dix mois après le lancement de l’Oculus Rift, le premier modèle commercial qui peine encore à trouver son public. Vendu à 600 dollars et nécessitant un ordinateur puissant, le casque a «encore du mal à trouver son public», indique Debra Williamson, du cabinet eMarketer. «Il va encore nous falloir cinq ou dix ans pour atteindre le point que nous voulons atteindre», reconnaît Mark Zuckerberg.

Deux milliards de dollars réclamés

ZeniMax avait déposé plainte en mai 2014. L’entreprise, qui détient plusieurs studios de développement de jeux vidéo, estime avoir été victime de «l’un des plus gros braquages technologiques de l’histoire». Elle réclame ainsi jusqu’à deux milliards de dollars de dédommagements.

Au cours d’échanges parfois tendus avec la partie adverse, Mark Zuckerberg a assuré que «les produits d’Oculus [avaient] été conçus avec des technologies d’Oculus». «Lorsque vous annoncez une importante transaction, il est relativement fréquent de voir des gens sortir du bois et réclamer leur part, a-t-il ajouté. Comme la majorité des personnes ici présentes, je n’avais jamais entendu parler de ZeniMax avant cette affaire.»

Un transfuge au centre de l’affaire

Le contentieux remonte à 2012 lorsque Oculus n’est encore qu’une start-up qui vient de lever 2,4 millions de dollars sur la plate-forme de financement participatif KickStarter. A l’époque, Palmer Luckey, son jeune fondateur de 19 ans, fait la connaissance de John Carmack, une figure historique du jeu vidéo, qui travaille alors pour ZeniMax. Ensemble, les deux hommes collaborent pour démontrer le potentiel de la réalité virtuelle.

L’année suivante, John Carmack démissionne de son poste pour devenir le directeur de la technologie d’Oculus. En partant, il met la main sur des milliers de lignes de code informatique, issues d’un programme de recherche qu’il a mené pendant deux ans «dans les bureaux de ZeniMax, sur des ordinateurs de ZeniMax et en utilisant les ressources de ZeniMax», fait valoir le plaignant. «John Carmack a apporté des modifications capitales au prototype d’Oculus en se servant de ces recherches», poursuit ZeniMax.

Avertissement ignoré

Pour l’entreprise, ce sont ces avancées qui ont ensuite permis à la start-up de négocier son rachat par Facebook. Pressés de conclure l’opération, les dirigeants du réseau social ont alors ignoré une lettre d’avertissement envoyée quelques semaines plus tôt par ZeniMax à Oculus. «Aller vite augmente nos chances de mener une opération et nous permet d’éviter de payer davantage», rétorque Mark Zuckerberg, mettant en avant la concurrence des autres grandes sociétés technologiques.

Le géant de Menlo Park dénonce de son côté «un contentieux inutile pour tenter de s’attribuer le mérite d’une technologie», assurant que ZeniMax «n’a pas eu la vision, l’expertise et la patience de la développer». Le réseau social rappelle ainsi que le plaignant n’a pas donné suite à une proposition d’investissements dans Oculus. «Ils se sentent humiliés de ne pas avoir investi dans la réalité virtuelle quand ils en ont eu l’occasion», a asséné l’avocat de Facebook lors du premier jour d’audience.


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