Barrick voit l'avenir en jaune. Le deuxième producteur d'or en Amérique du Nord vient d'annoncer des profits records: 301 millions de dollars de bénéfices pour l'année écoulée et un cash-flow de 539 millions de dollars, soit une progression de 15% pour ces deux résultats. Un exploit puisque le prix de l'or n'a jamais été aussi bas depuis bientôt vingt ans. Et Alan Hill, vice président de la compagnie, se montrait hier à Genève encore plus confiant pour l'avenir: «Nous sommes la seule compagnie minière qui peut se targuer d'un rating de A. Nous sommes prêts pour de nouvelles acquisitions.»

L'Amérique du Sud favorite

Barrick, basée à Toronto, a produit l'an dernier 3,2 millions d'onces d'or à un coût de 160 dollars l'once contre 3 millions d'onces en 1997 pour un coût unitaire de 182 dollars. Ces dernières années, l'industrie aurifère s'est réorganisée. Les compagnies investissent dans des mines à très bas coûts, notamment en Amérique du Sud. Cette région dispose de gisements à la géologie moins complexe qu'en Afrique du Sud notamment. Barrick prévoit de produire dès l'an prochain à un coût moyen de 125 dollars l'once.

Les résultats de Barrick s'appuient aussi sur une ingénieuse couverture des risques. Son hedging program lui permet de vendre sa production en moyenne 100 dollars plus cher que le prix du marché. Avec 10 millions d'onces garanties au prix de 400 dollars minimum l'once (alors que le meilleur prix atteint l'an dernier était de 315 dollars), Barrick est à la tête d'un trésor de guerre de 4 milliards de dollars. Sans compter que le cours de l'or pourrait se raffermir. La demande mondiale a fait un bond au quatrième trimestre de 1998, atteignant un niveau record pour une telle période. Le Conseil mondial de l'or, qui représente 80% de la demande mondiale, enregistre plus de 800 tonnes, augmentant de 6% par rapport à la même période en 1997. Plusieurs raisons à cela: les réserves en or ont augmenté dans les banques centrales des pays émergents en crise et les craintes liées au bug de l'an 2000 ou à une éventuelle correction boursière ont entraîné un record absolu des achats aux Etats-Unis.