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Cette année, Baselworld inaugure les Ateliers, un nouvel espace dédié aux horlogers indépendants «qui ont de la légitimité».
© David Wagnières

Horlogerie

Baselworld à l'épreuve de la conjoncture

Face au recul du nombre d’exposants, les responsables du salon bâlois brandissent l’argument du maintien de la qualité. Mais le contexte économique est aussi en cause

Pas de célébrations ostentatoires. Baselworld, qui célèbre ses 100 ans cette année, «ne veut pas déranger les exposants. Ce sont eux qui font le spectacle», a expliqué mercredi à Bâle Sylvie Ritter, la directrice générale du salon horloger et joaillier, à la veille de l’ouverture.

En revanche, lors la traditionnelle conférence de presse, les responsables de l’événement ont tenu à souligner à quel point, depuis 1917, l’ancienne «Mustermesse» est incontournable et surtout, comment elle a su s’adapter aux mutations, aux changements de paradigmes et aux aléas conjoncturels.

Lire aussi: Baselworld, histoire d’une foire à tout faire

Quelques dates clés des 98 premières années du salon ont été brièvement évoquées – l’incendie de 1923 ou la séparation physique entre le salon horloger et bijoutier et la Foire aux échantillons, en 1984.

Mais c’est surtout de conjoncture, donc des deux dernières années, dont il a été question. Et du contexte difficile face auquel le secteur doit faire face. Selon les statistiques publiées mardi par la Fédération horlogère, les exportations ont reculé de 12%, entre février 2015 et février 2017. «Il faut relativiser les chiffres, a nuancé Sylvie Ritter. Nous en sommes toujours aux niveaux de 2011 qui a été, je le rappelle, une année fantastique».

Le SIHH n’est pas un concurrent

Pour Eric Bertrand, président des exposants et haut cadre chez Rolex, cette adversité est une chance. «En tout cas pour ceux qui ont bien fait leur travail durant les années précédentes. Lorsque les vents contraires se lèvent, la réalité devient dure. Si certains ont dû faire marche arrière, ceux qui se sont concentrés sur leurs savoir-faire sont toujours là».

Conséquence de cette adversité: une possible impression de vide au détour de certaines travées du salon. 1300 exposants – dont 220 suisses – sont présents cette année, contre 1500 en 2016. En cause, entend-on à Bâle, les investissements de plusieurs centaines de milliers de francs parfois nécessaires pour exposer ses montres ou ses bijoux dans les halles de Baselworld. «Nous privilégions la qualité à la quantité. Nous avons refusé des candidatures de marques», a répliqué Sylvie Ritter, sans préciser lesquelles, ni les critères sur lesquels ces décisions se sont appuyées.

A qui Sylvie Ritter fait-elle allusion? A des fabricants de montres connectées? «Ce n’est pas ça du tout», a répondu pour elle Eric Bertrand: «Il s’agit surtout de marques liées à la mode. Parmi elles, certaines avaient investi l’horlogerie sans réelle légitimité. Apparemment, elles n’ont pas eu les résultats escomptés.»

Sylvie Ritter refuse par ailleurs de considérer le Salon international de la haute horlogerie (SIHH) de Genève comme un concurrent, et ce même si Girard-Perregaux et Ulysse Nardin ont toutes deux migré à Palexpo cette année.

Pas de halle connectée «pour l’instant»

Pour l’heure, l’adaptation la plus visible de Baselworld consiste à inaugurer deux nouveaux espaces: le Design lab, dédié aux petits joailliers, ainsi que Les Ateliers, qui accueille des horlogers indépendants «qui ont toute la légitimité pour avoir leur place à Baselworld», a insisté Eric Bertrand.

Sylvie Ritter a encore dû répondre deux fois par la négative, lors de la conférence de presse: non, Baselworld n’a pas approché Apple, qui en raison de la présence de Samsung cette année, brille déjà par son absence. Et non, il n’est pas prévu de dédier un espace aux smartwatches, qui sont «des produits complémentaires et proposées par des marques qui font aussi des montres traditionnelles». La patronne du salon à quand même tenu à conclure par un «pour l’instant».

Lire aussi: Samsung s’invite à Bâle pour exposer ses montres connectées


Les différents visages des Ateliers

Une cinquantaine d’indépendants sont regroupés dans un nouvel espace de Baselworld

Au sol, un tracé fléché indique le chemin pour y parvenir. Au deuxième étage de la halle 1 du salon bâlois se trouve désormais un nouveau quartier réservé aux marques indépendantes. Baptisé «Les Ateliers» et remplaçant le Palace des années précédentes (une tente qui était montée à l’extérieur du bâtiment principal), cet espace est comme une réponse au «Carré des horlogers» que propose le SIHH depuis 2016. Au total, on y trouve une cinquantaine de marques aux profils variés.

Impossible de manquer par exemple la marque genevoise MB&F qui occupe 97 mètres carrés dès l’entrée de cet espace fait de plusieurs containers. Reconnu et établi dans l’industrie, le fondateur Max Büsser apparaît comme le parrain de ce nouvel espace où se nichent aussi des marques encore totalement méconnues. «Je milite pour que les indépendants restent ensemble, quel que soit leur niveau de maturité», explique-t-il simplement.

A l’autre bout du spectre, on trouve Reservoir, par exemple. Cette marque n’a encore commercialisé aucune de ses montres qui imitent des compteurs de voitures – les premières arriveront sur le marché d’ici l’été – mais le fondateur François Moreau n’a pas hésité à dépenser 26 000 francs pour occuper 15 m2 durant dix jours. «Ce n’est pas une dépense mais un investissement», corrige l’indépendant. Il reconnaît que sa démarche est «audacieuse» mais ne regrette rien. «J’aime bien le brassage qu’il y a dans cette partie du salon. Et c’est nettement plus confortable qu’au Palace», confie-t-il. (V.G.)

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