Le phénix Baselworld peine à renaître de ses cendres. Tué une première fois en 2020 après une annulation en raison du covid et le départ de ses principaux exposants (Rolex-Tudor, Patek Philippe, Chanel et Chopard), il prendra un nouvel envol du 31 mars au 4 avril prochains. Sous une nouvelle forme, promise moins faste et plus accessible financièrement que par le passé. Ce vendredi, le géant suisse de l’événementiel MCH Group a finalement annoncé qu’il n’en serait rien.

De nouvelles analyses nécessaires

«Nous avons le regret de vous informer que Baselworld 2022 n’aura pas lieu. Nous sommes arrivés à la conclusion que plus de temps est nécessaire à sa relance», a-t-il fait savoir dans un communiqué. La décision se fonde sur des «discussions intensives menées avec les marques et les détaillants». Et sur le fait que «le lancement d’un nouveau concept pour un nouveau segment cible est particulièrement difficile compte tenu de la nouvelle aggravation de la situation du Covid-19 et de l’incertitude qui en découle chez les clients».

MCH indique par ailleurs que les études menées jusqu’ici démontrent que le marché pour un salon «mettant en relation des marques spécialisées et de taille moyenne avec des détaillants indépendants» existe, mais que des analyses plus précises doivent être menées. «Nous devons prendre beaucoup plus de temps pour cela», poursuit le communiqué.

Ce travail sera mené ces prochains mois par une équipe interdisciplinaire de MCH Group: «L’objectif est toujours de créer une valeur ajoutée pour les activités commerciales de la communauté sur ses marchés cibles, grâce à des plateformes innovantes et à la marque Baselworld, ancrée au niveau international.»

Le cours de l’action de MCH Group s’échangeait à 11,85 francs vendredi à 11h40, en baisse de 0,42% par rapport au précédent cours de clôture.

Michel Loris-Melikoff rend son tablier

Cette annonce s’accompagne du départ du directeur général de Baselworld, arrivé en poste en 2018: «En raison de cette annulation, Michel Loris-Melikoff a décidé de quitter l’entreprise et de relever un nouveau défi [non précisé, ndlr]. MCH Group regrette sa décision et le remercie pour son engagement sans faille.» Contacté, Michel Loris-Melikoff indique «ne faire aucun commentaire pour le moment».

A ce stade, l’avenir de Baselworld semble une nouvelle fois compromis, même si MCH ne l’enterre pas pour de bon. Son absence l’an prochain permettra à Genève de renforcer sa position en tant que centre de l’événementiel horloger au printemps prochain. Avec Watches and Wonders, qui accueillera 40 exposants dont les cinq démissionnaires de Baselworld du 30 mars au 5 avril, mais aussi au travers d’autres initiatives telles que le nouveau salon Time to Watches, qui entend attirer une cinquantaine de marques dans les locaux de la HEAD (Haute école d’art de design) aux mêmes dates.

Cette concentration devrait encore se renforcer dans les mois à venir. Les marques qui ne savaient jusqu’ici pas encore où présenter leurs nouveautés au premier semestre 2022 n’ont désormais plus d’alternative. Il est probable qu’elles seront nombreuses à rejoindre Genève – que ce soit dans des salons, des hôtels ou leurs propres manufactures – pour profiter de l’élan médiatique suscité par Watches and Wonders. De quoi ancrer de nouvelles habitudes et rendre encore plus difficile un éventuel retour de Baselworld dans les années à venir. Comme en 2020, Genève rit, et Bâle pleure.

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