Horlogerie

Avant Baselworld, personne ne parle des smartwatches

Les initiatives connectées de l’horlogerie suisse font beaucoup moins de bruit qu’en 2015. Swatch Group, quant à lui, continue de tester ce nouveau marché

En 2015, à quelques semaines de la sortie de l’Apple Watch, la foire de Bâle vibrait au rythme des montres connectées. Dans les questions des journalistes et dans les discours des patrons de marques, on parlait beaucoup de smartwatches. Sans être exhaustif, on peut notamment se rappeler des initiatives de Frederique Constant, Breitling, Tag Heuer, Bulgari, Mondaine… Même des responsables horlogers a priori peu concernés trouvaient à disserter sur les modèles connectés.

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Cette année, la différence est nette: les nouvelles initiatives font beaucoup moins de bruit. Si aucune annonce officielle ne sera tombée durant les semaines précédant le grand salon horloger, certains bruits se font plus insistants que d’autres. A l’image d’Apple, Tag Heuer plancherait par exemple d’ores et déjà sur une 2e version de sa montre connectée.

D’autres informations se vérifient. Frederique Constant proposera par exemple cette année trois nouvelles références de son Horological Smartwatch, dont deux modèles féminins. De son côté, la maison genevoise De Grisogono annoncera, elle, un partenariat avec le géant sud-coréen Samsung. C’est le blog people Eonline qui relevait fin février que l’actrice Giulana Rancic portait une Samsung Galaxy Gear S2 aux couleurs de la maison installée au bout du lac. Contactée, De Grisogono confirme le lancement, mercredi à Bâle, de cette série limitée.

A Barcelone plutôt qu’à Baselworld

Autre partenariat à signaler, celui entre Victorinox et le groupe informatique taïwanais Acer. Les deux sociétés n’ont pas attendu la foire de Bâle pour annoncer le lancement de ce boîtier – le Cybertool – qui se fixe sur la lunette de la montre. Ils l’ont lancé durant le Mobile World Congress à Barcelone, fin février.

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Ce choix stratégique du lieu de l’annonce alimente le même débat que l’an dernier. Les smartwatches sont-elles des montres ou des ordinateurs de poignets? Des objets de luxe ou de l’électronique de grande consommation? Jeudi dernier, à l’occasion de sa conférence de presse annuelle à Bienne (BE), la direction de Swatch Group a à nouveau insisté sur les différences entre ces deux mondes (au niveau de l’obsolescence, des circuits de distribution…).

Swatch, le ballon d’essai

Sur les produits à proprement dit, Swatch Group n’a pas non plus changé de stratégie par rapport à 2015. Le lancement d’une montre connectée à Internet n’est pas au programme, même si sa marque Swatch commercialise deux modèles, dont la Bellamy en Chine, qui permet de payer sans contact.

Cependant, le discours du patron du groupe, Nick Hayek, se précise peu à peu. Swatch Group reste en embuscade. Et [la marque] Swatch sert bel et bien de ballon d’essai. «Nous avons le savoir-faire, notre pipeline d’innovations est plein, et ce dans tous les segments, a-t-il martelé. Nous continuons d’observer ce que les gens veulent, les fonctions qu’ils adorent, et nous verrons avec Swatch et Tissot.»

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