«Le bassin lémanique, grâce notamment à la présence d'un excellent réseau universitaire, possède un potentiel de croissance économique remarquable, supérieur à celui de la Suisse alémanique prise dans son ensemble, souligne Christoph Koellreuter, directeur de l'Institut bâlois d'études conjoncturelles (BAK). Je constate une plus grande vitalité en ce qui concerne l'innovation et la création d'entreprises. Cela se manifeste par exemple dans le secteur de la biotechnologie qui bénéfice de l'effet Serono. Ces excellentes conditions – cadres, auxquelles s'ajoute une structure favorable des branches économiques en Suisse romande, font que le bassin lémanique profitera davantage de la reprise économique que la moyenne suisse.»

L'étude du BAK, publiée hier, prévoit une progression de 1,3% du produit intérieur brut (PIB) cette année dans l'ensemble du pays, contre 1,5% dans le bassin lémanique. L'analyse dégage des tendances comparatives à moyen terme entre deux périodes: 1995-2003 et 2003-2008. La moyenne annuelle de progression du PIB helvétique passe de 1,4%, à 1,8% entre les deux périodes. Le bassin lémanique rattrapera nettement son retard en progressant de 1,3% à 1,9%.

Bâle toujours en tête

Bâle, dynamisée par le secteur pharmaceutique et chimique, demeure la région de Suisse où la croissance sera la plus forte, bien qu'en légère diminution de 2,6% à 2,5%. Le bassin lémanique se situe au quatrième rang des huit régions suisses examinées, derrière Bâle, Zurich (2,1% entre 2003 et 2008) et Argovie (2,1%).

Christoph Koellreuter a analysé le dynamisme économique attendu en prenant en considération la structure des branches économiques de chaque région, mais également des facteurs structurels favorisant la vie des entreprises, comme le niveau de fiscalité, l'accessibilité, le niveau de qualification de la main-d'œuvre ou la densité réglementaire. Argovie et Zurich améliorent par exemple nettement leur position en raison d'un meilleur réseau de transport local et international. Le renforcement de l'aéroport de Zurich, au détriment de celui de Genève, joue ainsi un rôle non négligeable puisque, sur ce plan, le bassin lémanique perd deux rangs et se retrouve en cinquième position. Une fiscalité moins favorable est également un critère pénalisant la région Vaud-Genève, qui cède deux rangs. Elle se retrouve en cinquième position, dépassée par la Suisse orientale ou l'Espace Mittelland (Berne) qui gagnent quatre rangs.

Le tissu économique de certaines régions romandes fait que le Valais et Genève profiteront pleinement de la reprise économique qui s'amorce. «Je suis optimiste en ce qui concerne l'amélioration de la situation dans le domaine touristique, et dans le secteur financier, qui fournit plus du quart du produit intérieur brut genevois», souligne Christoph Koellreuter. En comparaison internationale, les meilleures régions suisses restent pourtant à la traîne. Sur les dix-huit sites examinés, Bâle et Zurich figurent aux troisième et quatrième rangs, derrière l'Irlande et le Massachusetts (USA), alors que le bassin lémanique se classe dans la moyenne, au 9e rang.