Après les sommets de 2006, la croissance économique va redescendre à 2,1% cette année et 2% l'an prochain, selon le BAK Basel Economics. Ce niveau de croissance s'impose comme la règle et non plus l'exception puisque cela fera cinq années consécutives à 2%. Ce qui permettra une réduction du taux de chômage à 2,7% à la fin 2007 puis 2,6% fin 2008.

Les régions les plus orientées sur l'exportation et l'innovation en seront les grands bénéficiaires. Ainsi la métropole zurichoise, très dépendante de la finance, poursuivra son expansion. Elle représentera bientôt 30% de l'économie suisse, soit le double du bassin lémanique. Mais cette dernière appartiendra toujours à la première partie du peloton. Notre région progressera légèrement plus vite que la moyenne suisse, même si elle occupera le quatrième rang des pôles de croissance en 2007, derrière Bâle la pharmaceutique, puis Zurich et la Suisse centrale.

Ce sont les régions les plus ouvertes au monde qui progressent sensiblement. L'an dernier, les exportations bâloises ont augmenté de 16,9%, celles du bassin lémanique de 11,6%.

Chimie et horlogerie dominent donc logiquement le palmarès des secteurs. Ces deux branches jouent un rôle clé. La chimie-pharma, pèse lourdement dans la balance, avec 35% des exportations. C'est le fruit de ses efforts de productivité puisqu'en ce domaine elle n'est dépassée que par la Suède et elle se permet de dépasser largement la Finlande et les Etats-Unis. Sa productivité restera double de celle de l'industrie d'investissement et de la moyenne suisse.

Accélération de la finance l'année prochaine

L'horlogerie sera le deuxième plus fort pilier de croissance en 2007 et, contrairement à la chimie-pharma, ce secteur progressera encore en 2008. Les télécommunications arriveront cette année à la troisième place du podium. La médaille en chocolat revient à la finance. Mais ce dernier va rebondir dès l'année prochaine. Si la part de la finance à l'emploi est de 5,1%, son poids dans la valeur ajoutée atteint 14,5%, preuve éclatante de sa forte productivité. Elle est triple de la moyenne suisse et environ 70% plus élevée que la finance britannique.

Le poids de la finance est considérable. Son solde extérieur atteint quelque 10 milliards de dollars, comme au Luxembourg et pas très loin des 15 milliards des Etats-Unis. Prudent, le BAK prévoit un ralentissement de la croissance du secteur financier suisse à moyen terme, aux alentours de 2,5% d'ici à 2015.