«Moderne et assez généreux»: c'est en ces termes que Jean Genolet, secrétaire général de BAT (British American Tobacco) a qualifié le plan social que toucheront les employés licenciés à la suite des restructurations du cigarettier en Suisse. Alors qu'elle en a présenté hier une version détaillée aux représentants du personnel et aux syndicats, elle ne s'autorise à en divulguer à la presse que les grandes lignes. Motif: le plan social sera certainement modifié après la consultation des partenaires sociaux qui durera «quelques semaines».

Indemnités de licenciement en fonction de l'âge, des années de service, de la situation familiale, 36 retraites anticipées pour les employés âgés de plus de 55 ans, prime de reconnaissance, aide à la formation, à la recherche d'un nouvel emploi, dédommagement pour le personnel genevois qui acceptera de travailler à Boncourt dans le Jura et au siège administratif à Lausanne: telles sont les principales modalités du plan social proposé par la direction de BAT.

Avec le transfert des activités genevoises de production dans le Jura et des services administratifs à Lausanne, où travaillent déjà une cinquantaine de personnes, 27 employés au moins, principalement de Genève, seront licenciés. Ce scénario est minimaliste car fondé sur l'hypothèse que tous les employés de la production genevoise accepteront de travailler à Boncourt, où 87 postes seront créés. Le personnel concerné pourra se décider jusqu'au second semestre 2000 – le déménagement est prévu pour juin de l'année prochaine –, assure Jean Genolet. Ce flou rend particulièrement difficile l'évaluation du coût du plan social, sur lequel la direction ne fournit même pas une fourchette d'estimation.

Si les employés licenciés et les plus de 55 ans à qui l'on proposera une préretraite seront pris en charge durant un certain temps par l'entreprise, 39 autres personnes, sans doute remerciées, n'auront pas cette chance: ce sont les bénéficiaires de contrat à durée déterminée, basés essentiellement à Boncourt.

Dans la mesure où les restructurations sont pensées depuis plusieurs mois, la multinationale a pris la «précaution» de faire appel à des temporaires. Une manière, explique-t-elle, de donner leur chance aux Genevois qui désireraient être transférés dans le Jura.