Bien loin des images de steppes et de yourtes, la Mongolie est devenue terre de conquêtes minières. Et donne lieu à des batailles boursières, dont la plus importante concerne Oyu Tolgoï. A une centaine de kilomètres de la frontière chinoise, ce gisement de cuivre est l’un des plus importants au monde.

Le site appartient à Ivanhoe, société fondée par Robert Friedland, un habitué des «coups» miniers. Celui-ci avait racheté les droits d’exploration de la zone il y a onze ans. Pour 5 millions de dollars, le prix d’une maison cossue dans la campagne genevoise. Sa société pèse aujourd’hui 13 milliards de dollars en bourse. Et toutes les spéculations entourent les conditions auxquelles se fera son absorption par le conglomérat Rio Tinto.

Nationalisme minier

Oulan-Bator a fini par se mêler à cette valse des milliards, des parlementaires, opposés au gouvernement actuel, l’accusant de brader les richesses nationales. Début octobre, les autorités ont donc convoqué les deux groupes occidentaux pour leur signifier leur intention d’accroître les intérêts de l’Etat dans Oyu Tolgoï de 34% à 50%. Rio Tinto et Ivanhoe, qui y ont déjà investi plus de 2,5 milliards s’insurgent, assurant que ce coup de force «affaiblirait la confiance des investisseurs» dans le pays.

A voir. Depuis le début du mois, la bourse d’Oulan-Bator a continué de grimper de 10%. Le grand jeu des mines de Mongolie ne concerne pas uniquement le marché boursier local, dont la capitalisation totale ne dépasse pas 1,5 milliard de dollars. De nombreuses sociétés actives dans le pays – comme Mongolia Mining, Southgobi ou Winsway Coking Coal – sont cotées à Hongkong, Toronto ou Londres. «Le gouvernement se prépare à privatiser plus de cinquante entreprises», prévient de son côté Richard Harris, responsable de Quam A.M. Basée à Hongkong, sa maison de gestion vient de lancer un fonds de placement dédié à la Mongolie.