Au sommet de l’APEC qui doit se dérouler, à Pékin, dans une semaine, il y aura, comme chaque année, une grande photo de famille où les dirigeants des pays d’Asie-Pacifique poseront, souriants, dans des tenues traditionnelles du pays hôte. Pourtant, en dépit de cet affichage d’amitié, la bataille fait rage entre Washington et Pékin, à en croire le Wall Street Journal qui cite des sources anonymes proches du dossier. Les deux pays s’opposent au sujet des projets d’accords commerciaux qui doivent libéraliser les échanges dans la zone. Alors que l’APEC fonctionne par consensus, ce qui limite systématiquement la portée des déclarations qu’elle publie, les Etats-Unis se sont en effet fermement opposés au projet de Pékin, qui souhaitait inclure dans le communiqué final du sommet une référence à la «Zone de libre-échange d’Asie-Pacifique», dont le sigle en anglais est FTAAP. A plusieurs reprises, Pékin est revenu à la charge pour que soit annoncé le lancement d’une étude de faisabilité autour de ce projet dont la Chine est le fer de lance. Sachant qu’une étude de faisabilité constitue toujours, dans la langue des négociateurs commerciaux, l’acte de naissance d’un futur accord multilatéral. Inflexibles, les Etats-Unis semblent avoir finalement obtenu gain de cause. De fait, ils portent, eux, un autre projet, baptisé le «Partenariat trans-Pacifique», ou TPP. Or la particularité de ce projet est d’exclure la Chine. Selon certaines estimations, si le TPP se faisait, il pourrait coûter environ 100 milliards de dollars à la Chine par an, car celle-ci se retrouverait partiellement marginalisée des échanges dans la zone Asie. Pékin est conscient du risque induit par le TPP et tente donc à tout prix d’échapper au piège américain par trois moyens. D’une part, il accélère ses négociations bilatérales avec d’autres pays. En marge du sommet de l’APEC pourrait d’ailleurs être annoncée une avancée dans les discussions avec la Corée du Sud, les deux pays s’étant fixé pour objectif de boucler leurs négociations avant la fin de l’année. D’autre part, la Chine tente de proposer un projet alternatif au TPP. Enfin, elle fait savoir qu’elle ne demande pas mieux que de rejoindre le TPP. Une proposition à laquelle Washington répond, poliment, qu’il faut d’abord que les négociations aboutissent entre les 12 nations concernées par le TPP avant d’en envisager un élargissement. A ce stade, ce sont donc les Etats-Unis qui mènent cette course de vitesse. Pour autant, les négociations pour le TPP s’annoncent complexes, et ont peu de chances d’aboutir à courte échéance.

Pyongyang modernise son armada de sous-marins

Les experts militaires sud-coréens s’inquiètent, ce matin, du développement par les forces nord-coréennes d’un nouveau sous-marin capable de tirer des missiles balistiques. Commentant l’information révélée, hier, par l’agence Yonhap, ils estiment que le lancement de ce type d’engin, que possèdent déjà la plupart des grandes armées, représenterait une menace potentielle lourde pour la Corée du Sud qui a déjà perdu, par le passé, des navires dans des accrochages avec des sous-marins nord-coréens. Selon des sources gouvernementales, citées par les médias de Séoul, Pyongyang aurait acquis, il y a plusieurs années, un très vieux sous-marin diesel de classe «Golf» de l’ère soviétique et l’aurait longuement modifié pour pouvoir l’équiper de missiles balistiques. Les militaires du régime stalinien auraient récemment effectué, depuis une «base secrète» du chantier naval de Sinpo, des premiers tests de lancement d’un engin MSBS ou «Mer-Sol Balistique Stratégique». A Séoul, les analystes estiment toutefois que le travail de modernisation du sous-marin, de 67 mètres de long et dont la technologie date des années 50, pourrait nécessiter encore deux ans de développement. Cette dernière révélation pourrait toutefois inciter Séoul à accélérer la modernisation de sa propre flotte de sous-marins. Toujours sous le choc de la destruction de sa corvette Cheonan en 2010 – l’attaque avait tué 46 marins – par une torpille tirée depuis un sous-marin nord-coréen, la Corée du Sud prévoit la mise en service à partir de 2027 de six sous-marins ultramodernes de 3000 tonnes.

Nouveau coup dur pour l’activité manufacturière chinoise

L’activité manufacturière étant censée repartir à la hausse, en Chine. Mais d’après un chiffre publié ce week-end, ce n’est pas le cas. L’indice officiel des directeurs d’achat pour le secteur industriel, baptisé PMI, est tombé à 50,8 points en octobre, contre 51,1 en septembre. Certes, ce chiffre reste au-dessus de la barre des 50, qui traduit une stagnation. L’activité reste donc en croissance. Mais dans le détail, certains sous-indices n’incitent pas à l’optimisme. Les nouvelles commandes dans l’industrie exportatrice sont tombées à 49,9 points, ce qui démontre qu’en dépit de signaux encourageants ces tout derniers mois, la situation reste tendue pour le commerce extérieur chinois. D’autre part, il est clair que si l’activité manufacturière reste en croissance, c’est avant tout grâce aux grandes entreprises. Les entreprises moyennes ont des carnets de commandes moins remplis, et les plus petites sont dans une situation plus difficile encore. Alors que Pékin fait passer le message que le ralentissement économique en cours est la traduction d’un nécessaire rééquilibrage de sa structure économique, ce déséquilibre entre grands groupes et PME pointe le contraire: il est probable qu’une fois de plus, ce sont les grandes entreprises, souvent publiques, qui tirent leur épingle du jeu à la faveur de politiques de soutien impulsées par les autorités (accès au crédit facilité et programmes d’infrastructures).