Le gendarme des Offres publiques d'achat, la Commission des OPA (COPA) vient de rendre son verdict sur l'affaire Intersport. La prise de contrôle du plus grand distributeur suisse d'articles de sport, basé à Ostermundigen (BE) par la société d'investissements britannique Stancroft Trust devra se faire à égalité de chance face à son rival Intersport Allemagne. Les deux sociétés souhaitent en effet s'emparer chacune d'Intersport PSC Holding. On se trouve donc face à deux OPA. D'abord celle amicale lancée par Intersport Allemagne qui a fait une proposition à 105 francs l'action, en juillet. Objectif de ce regroupement des deux sociétés: créer des synergies. «Les deux directions ont proposé de fusionner pour maximiser les tâches des deux sociétés sur un marché où les goûts des consommateurs sont semblables», explique Urs Tannö, président de la direction d'Intersport PSC Holding. Cette proposition a reçu le soutien du conseil d'administration du groupe bernois. Ensuite, vient l'OPA de l'investisseur britannique Nicholas Berry par l'intermédiaire de Stancroft Trust, annoncée à la fin du mois de juillet, basé à 109 francs par action. Seul problème pour cet actionnaire: il est soumis, de la part de PSC Holding, à une clause d'agrément qui limite son droit de vote à 5% et ce même s'il détient un nombre plus élevé d'actions. Et c'est bien le cas. Depuis le lancement de son offre, Stancroft Trust a poursuivi sa stratégie de rachat d'actions et affirme en détenir aujourd'hui plus de 50%. Sans cette clause, le britannique serait majoritaire. Son offre est soumise à la condition que le droit de vote lui soit reconnu pour l'ensemble de ses titres. En général, les sociétés décident d'inscrire cette clause d'agrément dans leurs statuts pour se protéger justement d'une OPA hostile ou pour s'assurer que l'actionnariat est bien réparti dans le public. Elle n'est pas obligatoirement inscrite à hauteur de 5%, mais peut varier selon le bon vouloir de l'entreprise.

Dans sa recommandation, la COPA adapte le calendrier des deux offres, un processus qui durera jusqu'au 13 novembre. D'abord un agenda coordonné garantit que les actionnaires pourront choisir librement entre les deux OPA. Ensuite, c'est pour coordonner les deux transactions avec l'Assemblée générale, qui aura lieu le 23 octobre. En effet, il est possible que les actionnaires soient appelés à se prononcer sur le sort de cette fameuse clause d'agrément qui touche notamment Stancroft Trust. L'enjeu est de taille. En cas d'abolition, l'offre du groupe britannique aboutirait. Prochaine étape de cette bataille: la publication dans les médias, ce vendredi, du prospectus d'offres de Stancroft Trust. Le conseil d'administration d'Intersport PSC aura alors jusqu'au 31 août pour indiquer aux investisseurs s'il recommande d'accepter l'offre du britannique ou de la rejeter. Le pouvoir reste ainsi en mains des actionnaires.