Six ans après sa création, Batmaid prépare son expansion à l’international. Spécialisée dans les services de ménage à domicile, la jeune pousse vaudoise propose à ses clients de les mettre en relation avec des agents de nettoyage via une plateforme en ligne. Les utilisateurs peuvent déterminer la fréquence et le type de service souhaité. La start-up prévoit de s’implanter dans 15 pays et 21 villes au cours des douze prochains mois.

«Nous allons ouvrir à Paris à partir du 3 mai, puis dès le mois d’août il y aura une ouverture tous les dix jours environ», précise son patron et fondateur, Andreas Schollin-Borg. Parmi les villes visées: Varsovie ou encore Londres, ainsi que New York, seule ville hors Europe comprise dans ce premier plan de développement.

Pour soutenir cette conquête de nouveaux marchés, Batmaid a levé 5 millions de francs auprès de ses actionnaires, qui comptent notamment la Bâloise, le groupe Investis et ACE & Company. «Nous avons mené des tests au Tessin et au Luxembourg pour voir comment nous parvenions à développer notre activité dans des marchés isolés et avec, dans le cas du Tessin, une concurrence peu chère venue d’Italie», détaille Andreas Schollin-Borg.

Une croissance de 32% en 2020

Malgré la pandémie, Batmaid peut aussi s’appuyer sur ses résultats de l’année écoulée. «Nous avons enregistré une baisse de 70% de notre chiffre d’affaires de mars à mai, reconnaît le jeune chef d’entreprise. Mais à la sortie de la première vague, il y a eu un besoin accru en ménage. Les gens en home office ont voulu se libérer des tâches ménagères. Une demande qui a permis d’enregistrer une croissance de 32% en 2020.»

La jeune pousse revendique 55 000 clients en Suisse et entre 5 à 10% de parts de marché, mais Andreas Schollin-Borg se montre plus discret sur le chiffre d’affaires, qui est «de l’ordre de plusieurs dizaines de millions de francs», assure-t-il.

Un changement de modèle

Si la crise sanitaire n’a pas plombé les ventes de la start-up, elle l’a en revanche forcée à revoir son fonctionnement. «Avant le covid, nous avions un modèle de placement privé où les clients devenaient les employeurs des agents de ménage et nous gérions les formalités administratives, détaille Andreas Schollin-Borg. Avec la pandémie, nous avons reçu plus de 2600 demandes de RHT de nos clients, mais qui nous ont été refusées par les cantons.»

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Cette situation a poussé Batmaid à employer directement les 2000 agents de ménage qui travaillent pour la plateforme. Un changement mis en place en janvier dernier qui n’a rien à voir avec les critiques sur les conditions de travail, notamment du syndicat Unia en 2019, qui ont pu viser l’entreprise, assure Andreas Schollin-Borg.

«Nous avons fait passer 4700 entretiens en quelques mois, précise-t-il. Et nous recevons encore environ 2000 dossiers de candidature par mois.» Mais Batmaid restreint son recrutement aux personnes ayant déjà une expérience dans le secteur. Rien que pour la Suisse, la jeune pousse souhaite atteindre le chiffre de 10 000 employés pour un total compris entre 40 000 et 50 000 en comptant les futures ouvertures.

Des services pour les professionnels

A terme, Batmaid proposera aussi des formations à ses employés. «Notre objectif, c’est de pouvoir offrir une prestation d’un niveau hôtelier», compare Andreas Schollin-Borg, qui reconnaît que Batmaid va aussi devoir adapter ses tarifs et ses services aux différents pays où elle compte s’installer.

Pour se distinguer, l’entreprise compte aussi apporter des innovations technologiques à sa plateforme, comme le développement d’une offre adressée à des clients professionnels. «Dans les années à venir, Batmaid fera davantage que du nettoyage», assure Andreas Schollin-Borg.