Energie

Des batteries pour éclairer l’Afrique rurale

Hébergée par MassChallenge, la start-up HiLyte est sur le point de boucler sa première levée de fonds. Elle lui permettra de lancer la production «industrielle» de ses batteries artisanales servant à allumer une ampoule ou recharger un portable

Il verse la solution d’eau et de sulfate de fer dans le récipient. Après un petit temps de latence, le liquide imbibe les feutres carbones à travers les quatre plaquettes de fer et l’ampoule, au bout du fil, commence à scintiller. Depuis le bâtiment de l’accélérateur MassChallenge à Renens, Briac Barthes répète pour la énième fois sa démonstration, faite de quelques gestes simples.

Le cofondateur de HiLyte achève mercredi prochain sa campagne de crowdfunding sur le site WeMakeIt. En moins d’un mois, elle a d’ores et déjà dépassé l’objectif des 35 000 francs. La start-up est labellisée par Solar Impulse comme solution pour lutter contre le réchauffement climatique.

L’ampoule ou le portable

Briac Barthes et ses deux associés Jonathan Fiorentini et David Lambelet viennent d’être nommés tous trois par le magazine américain Forbes parmi les 30 entrepreneurs européens les plus prometteurs de moins de 30 ans. Ils espèrent maintenant lancer la production «industrielle» de leur batterie artisanale à bas coût (environ 12 francs).

Avec sa puissance de 1,5 Watt, cette batterie artisanale est capable d’éclairer une petite pièce ou de recharger un téléphone portable basique. HiLyte vise d’abord la région africaine des Grands Lacs, où une vente pilote de 1000 pièces a déjà eu lieu.

Des millions de gens sans électricité

«En Tanzanie, 38 millions de personnes sont sans électricité, et environ 20 millions au Kenya. Pour s’éclairer, elles sont obligées de brûler du kérosène, qui est cher et toxique», se souvient Briac Barthes. L’ingénieur a lui-même vécu dans les deux pays pendant un an et demi, et projette d’emménager en Tanzanie dès que les ventes démarreront.

Les trois cofondateurs estiment devoir vendre 75 000 batteries pour que HiLyte soit rentable, mais leur modèle d’affaires est aussi basé sur la vente de ce qu’ils appellent les «consommables». Soit la solution liquide de 250 millilitres (représentant environ cinq heures de lumière) et les plaquettes de fer, progressivement rongées par l’opération. A quelque 10-15 centimes de frais par jour, HiLyte estime pouvoir faire économiser aux habitants des zones rurales «jusqu’à 70%» de leurs dépenses en énergie, détaille Briac Barthes.

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