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Baume et Mercier rend hommage cette année au SIHH à Burt Munro, amateur de moto détenteur de différents records de vitesse. On trouve sur le stand genevois une réplique de la moto avec laquelle le Néozélandais a atteint les 295 km/h.
© Eddy Mottaz

Horlogerie

Baume & Mercier lance son propre calibre

La marque genevoise qui présente les montres les moins chères du Salon international de haute horlogerie passe à son tour au mouvement maison. «Un nouveau standard dans notre segment de prix», promet son patron, Alain Zimmermann

Baume & Mercier a toujours tenu une place étrange au Salon international de la haute horlogerie (SIHH). Il faut dire que ce rendez-vous qui se tient depuis lundi à Genève présente essentiellement les nouveautés des marques horlogères habituées du haut de gamme, voire de l’étage encore supérieur. Entre Audemars Piguet, Roger Dubuis ou Greubel Forsey, les prix des montres logées dans les vitrines grimpent facilement jusqu’à plusieurs centaines de milliers de francs. Rien de tout cela chez Baume & Mercier, qui bataille sur le marché des garde-temps valant entre 1500 et 2500 francs. Ce qui ne l’a pas empêché de lancer, cette année, son premier calibre mécanique «maison».

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Elle est la seule marque du groupe Richemont – et même de tout le salon – à vendre des montres à ce prix-là. «Nous n’avons aucun complexe d’infériorité», commence le patron Alain Zimmermann. Cet ancien d’IWC ou Cartier, rencontré lundi dans son bureau provisoire, se dit même plutôt fier de jouer un rôle «d’initiateur». «En venant chez nous, nos clients achètent souvent leur première vraie belle montre mécanique… Qui sera suivie d’une grande aventure horlogère. C’est la plus belle des missions.»

«Nouveau standard»

Traditionnellement, les montres de Baume & Mercier donnaient l’heure grâce à des mouvements achetés à des tiers (ETA ou Sellita notamment). Désormais, cinq de ses quelque 80 références seront équipées du mouvement Baumatic, fabriqué en interne. Le patron parle à cette occasion d’un nouveau chapitre pour la marque, d’un «cap stratégique» aujourd'hui franchi.

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Ce calibre trois aiguilles revendique environ 120 heures de réserve de marche, résiste aux champs magnétiques rencontrés au quotidien (1500 gauss, ce qui équivaut environ à l’aimant de l’étui d’un smartphone), jouit d’une précision de –4/+6 secondes par jour et nécessite un entretien tous les cinq à sept ans. «Pour notre segment de prix, c’est imbattable. Je pense que nous allons imposer un nouveau standard», va jusqu’à affirmer Alain Zimmermann. Il faut compter 2490 francs pour une montre équipée du Baumatic.

Force de frappe de Richemont

Baume & Mercier et ses 210 employés n’avaient pas les moyens de concevoir ce mouvement en toute indépendance. L’entreprise s’est donc appuyée sur la force de frappe du groupe Richemont, que ce soit via son entité de recherche et développement désormais rassemblée à Neuchâtel ou sur la fabrique de mouvements ValFleurier.

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En investissant le champ du «calibre maison», Baume & Mercier marche dans les pas de bon nombre de ses concurrents – dernier exemple en date, Tudor, qui a lancé le sien en 2015. Offrir un mouvement conçu en interne permet aux marques de se distinguer de la concurrence et, pour certaines, de revendiquer le statut de manufacture. Est-ce toujours un argument de vente en 2018? «Vous sous-entendez que l’on est en retard? Je ne le crois pas, mais c’est égal, réplique Alain Zimmermann. Nous n’avons pas planché sur ce projet durant cinq ans pour simplement nous vanter d’avoir notre propre mouvement. Il s’agit de répondre aux attentes de clients toujours plus exigeants.»

Prix «plus justes et plus raisonnables»

Ce d’autant que Baume & Mercier lutte sur le segment de prix «l’un des plus compétitifs du marché» aux côtés de marques comme Longines, Louis Erard ou encore Frédérique Constant. Le milieu de gamme profite certes d’un retour de la demande pour des montres aux prix «plus justes et plus raisonnables», selon le patron, mais cela ne suffit pas. «Nous ne nous battons pas seulement contre nos concurrents mais aussi contre de l’expérience au sens plus large. Pour 2000 francs, est-ce que je m’achète une Baume & Mercier ou est-ce que je pars un week-end en famille?»

Entré en fonction en 2009, Alain Zimmermann a déjà passé plusieurs années à repositionner Baume & Mercier. Au point d’atteindre la rentabilité? La réponse est la même dans tous les stands du salon: il est contraire à la politique de Richemont de donner des chiffres. «La rentabilité doit être un objectif à atteindre pour tout chef de marque. Mais cela dépend toujours du niveau d’investissement consenti par l’entreprise. Et, aujourd’hui, avec Baume & Mercier, nous choisissons d’investir énormément en Chine», conclut simplement Alain Zimmermann.

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