Les jeux sont faits. Behr Bircher Cellpack (BBC) a réussi son offre publique d'achat (OPA) à 60 millions de francs sur le groupe vaudois Baumgartner Holding, actif dans les emballages.

Mardi soir, au terme du délai donné aux actionnaires pour apporter leurs titres, l'entreprise industrielle argovienne ne détenait certes que 64,85% du capital de sa cible, soit moins que les 66,67 visés. Mais le conseil d'administration de Baumgartner reconnaît sa défaite. «Vu la majorité atteinte par BBC, nous recommandons désormais à nos actionnaires d'accepter l'offre», a dit au Temps Jean-Philippe Rochat, président du conseil d'administration de l'entreprise vaudoise. Un délai supplémentaire courra du 13 au 26 mai. «Nous regrettons bien sûr que le prix par titre ne soit que de 460 francs, mais nous devons bien nous plier à la réalité et au fait que notre principal actionnaire, la Banque Cantonale Vaudoise (BCV) a fait volte-face et apporté son paquet de 16,67%», a-t-il ajouté.

Reste à régler un dernier point, d'une importance néanmoins capitale: celui de la limite des 3% de vote que peut imposer le conseil d'administration à ses actionnaires, quel que soit le nombre d'actions en leur possession. BBC demande la levée de ce verrou, qui pourrait l'empêcher de prendre le contrôle opérationnel de Baumgartner.

Supprimer la limite des 3%

On voit mal comment la société vaudoise pourrait refuser de recommander à ses actionnaires d'accepter ce point lors de l'assemblée de mardi prochain. «Le conseil d'administration se prononcera mercredi matin. Il s'agit surtout de régler comment cela se fera», déclare Jean-Philippe Rochat.

Le vent a définitivement tourné en défaveur de Baumgartner mardi avant l'ouverture des marchés. La BCV a indiqué qu'elle acceptait d'apporter ses titres pour 460 francs à Baumgartner. Pourtant, quinze jours auparavant, l'établissement assurait que sa participation dans le groupe n'était certes «pas stratégique», mais que le prix proposé était sous-évalué. «Ce revirement a été une grosse surprise», concède Jean-Philippe Rochat.

Un soutien de toujours

La BCV était entrée dans le capital de Baumgartner dans les années 1950. Et son soutien a été indéfectible. La banque avait notamment repoussé l'OPA inamicale du financier Asher Edelman au début des années 2000 (laquelle proposait alors 1100 francs par action). Face au coup de poker de la firme argovienne, qui a décidé la semaine dernière de maintenir son prix et de ne pas prolonger son offre, la BCV a cédé. Elle préfère sortir du groupe au prix offert plutôt que de spéculer sur un accroissement peu probable de la valeur du titre. Last but not least, la banque empoche au passage une dizaine de millions de francs, de quoi mettre un peu de baume au cœur après des pertes de quelque 37 millions de francs essuyées dans ses activités de trading au premier trimestre 2008.

BBC propose d'intégrer la fabrique alsacienne de Baumgartner, la Compagnie Franco Suisse, dans son groupe, qui est actif lui aussi dans l'emballage. Le patron de l'entreprise alémanique, Giorgio Behr, a assuré que les activités françaises étaient complémentaires. Les quelque 220 employés de l'usine hexagonale n'ont donc en principe pas à craindre pour leur emploi. Quant à la holding de Baumgartner, elle n'emploie plus qu'une poignée de collaborateurs.