La banque espagnole BBVA (Banco Bilbao Vizkaya Argentaria) a annoncé l'absorption par fusion de ses deux filiales Banca Catalana et Banco de Alicante. Cette opération, qui signe la disparition des deux établissements, a mis en émoi les milieux économiques catalans attachés à la raison sociale «Banca Catalana». Avec des actifs s'élevant à 962 milliards de pesetas (environ 9,6 milliards de francs), un réseau de 350 agences et 1842 collaborateurs, la Banca Catalana reste l'un des importants établissements de crédit de Catalogne.

Mais cette banque est surtout connue des Catalans pour son histoire mouvementée. La Banca Catalana est née au début des années 1960 sous l'impulsion de Jordi Pujol, inamovible président de la Generalitat (gouvernement) de Catalogne. Pour le nationaliste catalan, il s'agissait de bâtir un instrument de soutien à l'industrie et au commerce local.

Mais la banque a mal grandi, en commettant l'erreur de mélanger politique et saine gestion. Volant au secours d'entreprises trop locales et lourdement endettées, la Banca Catalana a failli disparaître corps et biens en 1982. Deux ans plus tard, c'est le Banco de Vizkaya (l'une des entités du BBVA actuel) qui sauvait la banque de la déroute.

La défaillance de l'établissement avait provoqué un scandale politique. Hormis le Banc Sabadell qui s'est développé dans le berceau de l'industrie textile locale, les Catalans ne sont jamais parvenus à développer une grande banque commerciale. En revanche, un de ses établissements d'épargne, La Caixa, fait office de poids lourd à l'échelle européenne.