La Banque centrale européenne (BCE) ayant, conformément aux attentes, laissé inchangé à 2% son taux directeur, toutes les attentions se sont reportées sur les commentaires de son président.

«L'intervention est une arme qui historiquement existe» pour les banques centrales, a déclaré Jean-Claude Trichet à l'issue de la réunion bimensuelle du Comité de politique monétaire à Francfort. Il n'a toutefois pas voulu commenter les déclarations des autorités japonaises laissant entendre qu'une intervention concertée de l'Europe et du Japon afin de freiner la baisse du billet vert avait été discutée.

Mercredi, le secrétaire d'Etat adjoint aux Finances, Hiroshi Watanabe, a suggéré qu'une «action commune» pourrait être entreprise. Jean-Claude Trichet a paru inviter les Japonais à plus de discrétion. «La discipline verbale est essentielle» sur de tels dossiers, a-t-il dit.

Il a ajouté que la BCE n'avait «pas du tout» envisagé, jeudi, de baisser son taux d'intérêt directeur. De nombreux économistes l'appellent à prendre une telle mesure pour rendre les placements en euros moins attractifs sur les marchés financiers et ainsi faire descendre son taux de change face au dollar. «Toutes les options, sauf une baisse de taux», ont été discutées, à savoir un maintien ou une hausse. Au bout du compte, «un très large consensus» s'est dessiné en faveur du maintien du taux directeur à 2%, qui est un niveau «correct», a-t-il dit.

Par ailleurs, la BCE a abaissé ses prévisions de croissance de 1,9 à 1,8% en 2005 pour les 12 pays de la zone euro. Elle a relevé ses attentes d'inflation de 1,8 à 2%, la limite maximale qu'elle doit légalement tolérer.

Nouveau record pour l'euro

L'institut d'émission a donné ses premières estimations pour 2006: une inflation déclinant à 1,6%, et une croissance accélérant à 2,2%.

L'euro a atteint dans la journée un nouveau record face au dollar en s'approchant du seuil de 1,34 dollar. Depuis un an, la monnaie des Douze s'est renchérie de 11% face au dollar, tandis que le prix du pétrole s'envolait de 50%.

Ces deux facteurs ont joué un rôle important dans le ralentissement de la croissance en zone euro au troisième trimestre, notamment du fait d'un tassement des exportations.