Encore une première pour Christine Lagarde. Jeudi, la présidente de la Banque centrale européenne tenait une conférence de presse, après une (non) décision de politique monétaire. Mais surtout, deux semaines après que la BCE a pris la décision historique d’une nouvelle approche, plus flexible, pour gérer l’inflation.

Lire aussi: Pour la BCE, l’enjeu est surtout verbal

Pas de changement dans ses taux, ni dans ses programmes de rachats d’actifs – il en sera question plus tard cet automne. Mais le nouveau vocabulaire choisi, et qui n’a semble-t-il pas fait l’unanimité au sein du comité des gouverneurs, avait été retravaillé. Christine Lagarde a notamment constaté que «la reprise de l’économie de la zone euro est en bonne voie. Mais la pandémie continue de jeter une ombre, d’autant plus que le variant Delta constitue une source croissante d’incertitude.»

Lointaine hausse de taux

Ces incertitudes confortent la BCE dans sa décision de maintenir sa politique monétaire accommodante. «Nous devons préserver des conditions de financement favorables le temps de la pandémie. C’est essentiel pour que le rebond actuel se transforme en une expansion durable et pour compenser l’impact de la pandémie sur l’inflation», a insisté Christine Lagarde.

Dans les faits, cela se manifeste par une volonté de ne pas opérer de hausse des taux avant de voir les perspectives d’inflation «durablement» atteindre son nouvel objectif, fixé autour de 2%, et non plus «inférieur à, mais proche de 2%». Sa prévision se monte à 1,4% pour 2023. «Le principal message est que les conditions pour une hausse de taux sont éloignées», interprète Karsten Junius, le chef économiste de J. Safra Sarasin.