La Banque centrale européenne (BCE) a décidé jeudi de laisser inchangé son principal taux directeur à court terme. Le taux de refinancement (REFI) reste donc fixé à 3% pour les deux prochaines allocations, a annoncé un des porte-parole de la BCE.

La BCE a aussi maintenu le corridor des deux taux qui encadrent le REFI, a indiqué le porte-parole à l'issue de la réunion bimensuelle du conseil des gouverneurs, l'organe de décision de la BCE. Le taux plancher au jour le jour, ou «taux de la facilité de dépôt», reste donc à 2% et le taux plafond au jour le jour, ou «taux de la facilité de prêt marginal», à 4,5%. Ces décisions étaient attendues par la grande majorité des économistes.

Si la trop belle performance de la livre sterling a fait plus d'une victime outre-Manche, il n'en est pas tout à fait de même pour l'euro. La décision hier de la Banque centrale européenne (BCE) de laisser ses taux inchangés à 3% est surtout liée à la récente faiblesse du nouveau-né. Sa chute à 1,1249 dollar, la plus basse depuis sa création le 4 janvier, exige de le ménager. Cependant, pour de nombreux experts, une aggravation du ralentissement de l'économie européenne n'exclut pas une baisse des taux de la BCE dans les prochains mois. La prochaine réunion de la Banque centrale européenne se tiendra le 18 février, mais selon Stephan Monissen, économiste chez Salomon Smith Barney cité par l'agence Bloomberg, la BCE n'interviendra pas avant le mois de mars ou avril.

Les tendances des taux de change des grandes monnaies sont «à surveiller de près», alors que le ralentissement de la production dans la zone euro n'est «pas plus fort que prévu», a déclaré de son côté le président de la BCE, le Néerlandais Wim Duisenberg. Il estime qu'il n'y a pas, à court terme, de pression sur les prix dans la zone euro, ni à la hausse, ni à la baisse.

Pour Wim Duisenberg, l'évolution du taux de change de l'euro ne nécessite pas actuellement d'intervention. «Ce n'est que si l'euro déviait largement des fondamentaux économiques que la nécessité d'intervenir pourrait apparaître.

Mais cela n'est certainement pas le cas», malgré la hausse du dollar face à la monnaie unique européenne, a-t-il déclaré. Le président de la Banque centrale estime enfin que le fait que l'euro soit passé ces dernières semaines de 1,16 à 1,13 dollar n'est pas un souci. A.N./Agences