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Politique monétaire

La BCE a laissé son principal taux directeur inchangé à 0,05%

La Banque centrale européenne (BCE) a, sans surprise, laissé inchangé jeudi son principal taux directeur, à 0,05%, son plus bas niveau historique, auquel il a été amené en septembre 2014

La Banque centrale européenne (BCE) a sans surprise laissé inchangé jeudi son principal taux directeur à 0,05%, a annoncé un porte-parole, mais c’est la décision sur le financement des banques grecques que guettaient maintenant avec anxiété les observateurs.

Les analystes n’attendaient aucune modification du taux directeur, qui stationne à 0,05% depuis septembre dernier et ne peut de toute façon guère aller plus bas. La BCE n’a pas modifié non plus son taux de prêt marginal, abaissé à 0,3% au même moment, ni son taux de dépôt, porté en territoire négatif pour la première fois de son histoire en juin et qui stationne désormais à –0,2%.

Tous les regards étaient désormais tournés vers la conférence de presse du président de la BCE, Mario Draghi, à partir de 12h30 GMT à Francfort, et vers une éventuelle annonce sur les crédits ELA, bouée de sauvetage des banques grecques dont le conseil des gouverneurs fixe le plafond.

Alors que le parlement grec a mis sur les rails dans la nuit certaines réformes, condition fixée par les créanciers du pays au démarrage de négociations sur un troisième plan d’aide de plus de 80 milliards d’euros pour le pays exsangue, la BCE pourrait desserrer la bride aux banques en augmentant le plafond de ces prêts, estimaient plusieurs analystes.

D’autres au contraire pensent qu’elle attendra encore le vote de certains parlements européens, et une décision sur une perfusion financière de très court terme pour Athènes, avant d’agir.

La Grèce, déjà en défaut de paiement vis-à-vis du Fonds monétaire international (FMI), doit trouver rapidement l’argent nécessaire pour rembourser notamment 4,2 milliards d’euros à la BCE le 20 juillet.

Parmi les options sur la table, l’une porte sur le rapatriement en Grèce des intérêts réalisés par un ancien programme de rachats d’actifs de la BCE, qui s’élèvent à plus de 3 milliards d’euros.

La Grèce au menu

Mario Draghi a qualifié «d’indiscutable» la nécessité de réduire le poids de la dette de la Grèce, qui représente quelque 180% de son PIB.

«Est-ce-qu’un allègement de la dette est nécessaire? c’est indiscutable», a déclaré M. Draghi lors de la conférence de presse, «la question sera quelle est la meilleure forme d’allègement». C’est sur ce point que devront porter les discussions des prochaines semaines entre la Grèce et ses créanciers, a-t-il ajouté.

«Le 20 juillet (date à laquelle la Grèce doit rembourser quelque 4,2 milliards d’euros à la BCE), nous serons remboursés, ainsi que le FMI», a déclaré, lors d’une conférence de presse, Mario Draghi, alors qu’Athènes négocie avec les autres pays européens un moyen d’avoir des financements relais pour faire face à ses prochaines échéances de remboursement, en attendant la mise en oeuvre d’un troisième plan d’aide.

La président de la Banque centrale européenne a reconnu qu’il subsistait des interrogations sur «la volonté et la capacité» du gouvernement grec à mettre en oeuvre les réformes promises à ses créanciers en échange de financements.

«Quel que soit celui à qui vous parlez, il y a des interrogations sur la volonté et la capacité (du gouvernement grec) à mettre en oeuvre» les réformes promises, a déclaré M. Draghi, estimant qu’il serait «du ressort du gouvernement grec» de lever ces interrogations et qu’en tout état de cause, elles n’avaient pas de rôle à jouer dans l’action de la BCE, qui vient de relever le volume de ses prêts d’urgence aux banques grecques.

La BCE relève ses aides d’urgence aux banques grecques

La BCE a décidé de relever de 900 millions d’euros sur une semaine le plafond des prêts d’urgence accordés aux banques grecques, leur dernière source de financement, a annoncé Mario Draghi.

«Nous avons décidé aujourd’hui de relever ELA», acronyme pour ces financements d’urgence qui étaient plafonnés depuis fin juin à près de 89 milliards d’euros, a indiqué, lors d’une conférence de presse, Mario Draghi. La hausse de 900 millions d’euros correspond à ce qu’avait demandé la Banque de Grèce pour ses banques, a-t-il précisé.

La BCE agit en partant du principe que la Grèce «est et restera un membre de la zone euro», a-t-il martelé.

M. Draghi a jugé que l’accord trouvé en début de semaine sur le principe d’un troisième plan d’aide pour la Grèce, de plus de 80 milliards d’euros, et le vote dans la nuit de mercredi de premières réformes par le Parlement grec faisaient que «les conditions pour un relèvement d’ELA (étaient) à nouveau données».

Avec cette décision, la BCE rouvre ainsi un robinet qu’elle avait fermé depuis quelques semaines, en choisissant à plusieurs reprises de ne pas augmenter le plafond de ces fonds d’urgence aux banques.

M. Draghi a par ailleurs jugé «injustifiées et totalement infondées» les critiques selon lesquelles la BCE aurait maintenu une pression trop importante sur les banques hellènes et provoqué une panique bancaire.

«ELA a augmenté de 0 à 90 milliards» depuis le début de la crise grecque, et «l’eurosystème est désormais exposé à la Grèce à hauteur de 130 milliards», s’est-il justifié, en soulignant que l’Europe est ainsi le principal créancier de la Grèce.

M. Draghi a également estimé que les contrôles des capitaux mis en place en Grèce «ont protégé les déposants». Il s’est dit conscient que de telles mesures «brident la reprise économique» mais a recommandé d’agir «avec prudence» quant à leur levée. Cette décision revient toutefois au seul gouvernement grec, a-t-il reconnu.

M. Draghi a enfin reconnu que la santé des banques grecques posait désormais «un problème systémique». En conséquence, la BCE a promis d’annoncer à l’avenir ses décisions sur ELA de manière officielle, ce qu’elle ne faisait pas jusqu’à présent.

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