L'institution monétaire de Francfort a maintenu à zéro son principal taux directeur, qui fait référence pour le crédit en zone euro. La Banque centrale européenne (BCE) a par ailleurs laissé à 0,25% son taux de prêt marginal, auquel les banques empruntent pour 24 heures à ses guichets. 

Le taux de dépôt au jour le jour, qui avait été porté en territoire négatif pour la première fois de son histoire en juin 2014, a quant à lui été maintenu à -0,4%. Ce qui signifie que les banques confiant à la BCE leurs liquidités en excès pour 24 heures doivent s’acquitter d'une taxe.

Les économistes n'attendaient aucune annonce nouvelle sur le front des taux, qui n'ont plus bougé depuis mars 2016 et que la banque centrale a promis de maintenir très bas encore longtemps.

La BCE, qui avait élargi le mois dernier le «QE», son vaste programme de rachats de dettes lancé en 2015, n'a par ailleurs annoncé aucune nouvelle modification de ce dispositif.

Mesures efficaces

Les mesures adoptées par la Banque centrale européenne (BCE) en décembre sont efficaces et ont contribué à l'amélioration du climat économique, a déclaré jeudi Mario Draghi. Le président de la BCE se dit prêt à faire davantage si l'amélioration se révélait uniquement passagère.

Il a également dit s'attendre à ce que la croissance économique dans la zone euro soit limitée par le manque de réformes structurelles dans les pays membres. «L'orientation très accommodante (de la politique monétaire) est nécessaire», a expliqué Mario Draghi lors d'une conférence de presse à l'issue de la réunion de politique monétaire de la BCE.

L'institut d'émission finira par abandonner sa politique monétaire non-conventionnelle quand les conditions seront réunies, «mais nous n'en sommes pas encore là», a-t-il estimé. «Si les perspectives deviennent moins favorables (...) nous sommes prêts à augmenter notre programme d'achats d'actifs dans son montant et/ou sa durée», a-t-il précisé.

La remontée récente de l'inflation dans la zone euro reflète avant tout les fluctuations des prix de l'énergie et rien ne montre qu'elle est durable, selon lui. Ses propos ont eu pour effet immédiat une baisse de l'euro face au dollar et à la livre sterling.

Le chef de la BCE a assuré que le conseil des gouverneurs n'avait jeudi pas discuté «cette fois» d'un ralentissement de son vaste programme de rachats d'actifs, prolongé en décembre jusqu'à fin 2017. Avant la conférence de presse, le conseil a, sans surprise, laissé ses taux directeurs inchangés.

Le mois dernier, la BCE a annoncé une prolongation de son programme d'achats d'actifs sur les marchés à partir d'avril, mais aussi une réduction du montant mensuel de ces achats.


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