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Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, se dit satisfait des résultats de sa politique d'expansion monétaire qui devrait se poursuivre jusqu'en décembre 2017.
© AFP Photo/Filippo Monteforte

Politique monétaire

La BCE devrait maintenir le statu quo, malgré les pressions allemandes

La croissance est de retour dans la zone euro. Malgré les bonnes nouvelles, la Banque centrale européenne, en réunion jeudi à Tallinn en Estonie, devrait maintenir sa politique d’expansion monétaire

Dans la zone euro, tous les indicateurs, ou presque, sont au vert. Le spectre de la déflation est derrière et la croissance s’installe. Le chômage a baissé à 9,3% en mai, soit son plus bas niveau depuis mars 2009. La production industrielle augmente. La confiance des consommateurs est aussi en hausse. «Tous les facteurs ne sont toutefois pas réunis pour que la Banque centrale européenne (BCE) change sa politique d’assouplissement monétaire en place depuis mars 2015, explique d’emblée Sophie Casanova, membre de la Recherche économique au sein du Groupe Edmond de Rothschild. Même en hausse, le produit intérieur brut (PIB) actuel est inférieur à son potentiel de croissance, ce qui limite les pressions inflationnistes.»

Lire aussi: Le rebond de l’inflation n’impressionne pas la BCE

En effet, les attentes des économistes par rapport à la réunion mensuelle de la BCE, délocalisée dans la capitale estonienne Tallinn ce jeudi 8 juin, ne concernent pas un quelconque changement de stratégie. «Tout au plus, son président Mario Draghi pourrait réévaluer les risques pour la croissance de «baissiers» à «équilibrés», poursuit Sophie Casanova. Il ne prendra sans doute aucune décision qui puisse mettre la reprise en péril.» Selon elle, Mario Draghi donnera ses orientations au deuxième semestre.

L’objectif d’inflation n’est pas atteint

Grégory Claeys, économiste à l’institut Bruegel, un centre de recherches et d’analyses économiques basé à Bruxelles, est tout aussi affirmatif. «Il est encore trop tôt pour mettre fin à la politique monétaire accommodante de la BCE, dit-il. Mario Draghi va probablement laisser les taux d’intérêt à leur niveau plancher tout comme il poursuivra la politique de rachats d’actifs à hauteur de 60 milliards d’euros par mois jusqu’en décembre 2017.»

Par ailleurs selon Grégory Claeys, un changement de politique ne s’impose pas encore dans la mesure où la BCE n’a toujours pas atteint son objectif principal qui est de stabiliser le taux d’inflation autour de 2% par année. L’inflation en rythme annuel en mai était de 1,4%, après avoir atteint 1,9% en avril. «Mario Draghi le dit lui-même, ajoute l’économiste de Bruegel. Avant d’envisager tout changement, il faut que la dynamique de l’inflation s’installe.»

Pressions allemandes

Grégory Claeys fait aussi ressortir que la reprise dans la zone euro ne peut pas être imputée exclusivement aux mesures de la BCE. «La baisse des prix pétroliers, la dépréciation de l’euro qui ont aidé les exportations européennes, la reprise aux Etats-Unis et dans les pays émergents sont autant de facteurs qui ont tiré la zone euro vers le haut», fait-il remarquer.

Lire encore: Le prochain président de la BCE sera allemand ou français et décidera du sort du franc

Quid de la pression des politiciens allemands qui reprochent à la BCE de pratiquer une politique de bas taux d’intérêt, ce qui pénalise l’épargne allemande? «La BCE ne devrait pas réagir à des pressions politiques pour préserver son indépendance», commente Sophie Casanova. Même le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, qui encore l’an dernier tenait l’euro faible comme responsable de la montée du populisme dans le pays, vient d’admettre que «la BCE ne prendrait pas des conseils de sa part».

Jens Weidmann pour remplacer Mario Draghi

La semaine dernière, l’hebdomadaire allemand Spiegel laissait entendre que Berlin soutiendrait la candidature de Jens Weidmann pour succéder à Mario Draghi à la tête de la BCE, dont le mandat arrive à échéance l’an prochain. Président de la Bundesbank, la banque centrale allemande, et membre du conseil des gouverneurs de la BCE, Jens Weidmann est un partisan d’une politique de resserrement monétaire.

Et pourtant. C’est bien un euro faible – il s’est déprécié de 20% contre le dollar à partir de mi-2014 lorsque le BCE ramena ses taux directeurs à 0% – qui a donné un coup de fouet aux exportations allemandes ainsi qu’aux investissements étrangers dans le pays.

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