La Banque centrale européenne (BCE) attaque de front l'industrie des hedge funds. Dans la parution semestrielle de sa Revue de la stabilité financière parue jeudi, la BCE indique que «deux risques majeurs pour la stabilité financière justifient un contrôle rapproché, bien qu'aucun remède n'existe pour corriger leur danger».

Selon la BCE, il s'agit, d'une part, de l'augmentation potentiellement importante du ratio d'endettement propre à ces véhicules de placement. D'autre part, que de plus en plus de hedge funds individuels calquent leurs positions sur les stratégies d'investissement de grands hedge funds. Même ces derniers sont de plus en plus corrélés entre eux. Conséquence selon la BCE: à partir du moment où un grand nombre d'opérateurs sont positionnés dans la même direction, le risque existe que de violents mouvements accompagnent le retournement de ces positions.

«Le problème, c'est que les hedge funds ont toujours eu mauvaise presse en Europe, parce que leur domicile légal échappe au fisc européen. Ils font vivre un très grand nombre de gérants aux Etats-Unis, et engendrent des entrées fiscales, étant constitués en sociétés américaines pour les clients américains», explique un gérant genevois.

Moins de pertes que les Bourses mondiales

Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale américaine, estimait récemment que les hedge funds n'ont pas besoin d'une législation spécifique pour être régulés. Le marché y suffit. En Suisse, Philipp Hildebrand, membre de la direction de la BNS, indiquait il y a un an qu'ils rendent les marchés financiers plus liquides, efficients et flexibles. Tout en reconnaissant que certains segments d'entre eux peuvent avoir un impact sur la volatilité des marchés, soit en accentuant des tendances déjà existantes, soit en provoquant des renversements brutaux ou des discontinuités dans l'évolution des prix.

Selon le HFRX, l'indice global de la branche, les hedge funds ont perdu 1,31% au mois de mai, bien moins que l'ensemble des Bourses mondiales.