La BCGE ouvre des comptes d’épargne en yuans

Banque L’initiative de «diversification» vise à rapprocher l’établissement du marché chinois

Pour une banque suisse, c’est une première. La Banque Cantonale de Genève (BCGE) a annoncé vendredi que sa clientèle privée pouvait désormais ouvrir un compte d’épargne en yuans.

Coup marketing? Ballon d’essai? L’objectif est «d’offrir une opportunité de diversification aux clients» et «d’élargir le choix jusqu’ici limité au franc, à l’euro et au dollar», énumère Hélène de Vos Vuadens, porte-parole d’un établissement qui, rappelle-t-elle, a déjà entrepris diverses démarches stratégiques qui le rapprochent du marché chinois.

La banque accueille une clientèle internationale demandeuse. Et ce ne sont pas forcément que des Chinois, mais aussi des expatriés ou des entrepreneurs qui obtiennent régulièrement des mandats en Chine ou à Hongkong, où la BCGE a par ailleurs ouvert un bureau en 2010.

«Nous réalisons des transactions en yuans depuis deux ans déjà, notamment dans le domaine du trade finance [financement du négoce, ndlr]», rappelle aussi la porte-parole. La BCGE organise aussi deux fois l’an ce qu’elle appelle des «Asian desks», des conférences durant lesquelles entrepreneurs suisses et asiatiques échangent leurs expériences.

Echapper aux taux négatifs

Ces comptes en yuans, pour lesquels la banque ne formule pas d’objectifs en termes de nombre d’ouvertures, sont rémunérés à un taux d’intérêt annuel de 2%. Ils ne sont pas grevés par des frais de tenue de compte. «Ils permettront aux investisseurs et épargnants, confrontés aux taux négatifs en Suisse et à la volatilité de l’euro, d’accompagner la probable émergence planétaire de la devise chinoise», avance la BCGE dans son communiqué. Ces comptes d’épargne en yuans «ne sont pas forcément un premier pas vers d’autres prestations bancaires en monnaie chinoise», temporise néanmoins Hélène de Vos Vuadens.

La démarche de la BCGE intervient alors que le yuan franchit régulièrement de nouvelles étapes vers une complète libéralisation. En février était par exemple annoncée l’arrivée à Zurich de la China Construction Bank , qui devrait aider à la création d’un marché du yuans en Suisse.