La Banque Cantonale de Genève (BCGE) a plus que doublé son bénéfice net au premier semestre grâce à une progression sensible de ses affaires et, surtout, grâce à la compression de ses coûts. «Pour l'ensemble de l'exercice, nous tablons sur un bénéfice net en progression sensible par rapport à 2004», a indiqué Blaise Goetschin, le président de la direction générale à l'occasion d'une conférence de presse.

Hypothèques à la hausse

Sur les six premiers mois, le bénéfice net s'établit à 20,5 millions de francs (+134%). Cela résulte d'une croissance des produits d'exploitation de 2,4% et d'une diminution marquée de 5,2% des charges. Côté produits, la marge d'intérêts, c'est-à-dire la différence entre les intérêts facturés à la clientèle et le coût du financement, s'améliore de 5%. L'encours des crédits n'ayant augmenté que de 1%, cette progression s'explique essentiellement par une amélioration des marges. Notamment, la BCGE a comprimé le coût de son financement en abaissant de presque 10% ses emprunts à long terme. Ils ont été remplacés par des ressources à plus court terme moins onéreuses.

Bonne nouvelle pour l'économie cantonale, les crédits octroyés à la clientèle, en particulier les entreprises, ont repris le chemin de la hausse (+1%) après une contraction l'année dernière (–7%).

L'encours des hypothèques affiche lui aussi une hausse de presque 1%. C'est moins que la croissance du marché cantonal, estimée entre 3 et 4%. Autrement dit, la BCGE continue de perdre des parts de marché. «Notre objectif de +2% n'a pas été réalisé», concède Blaise Goetschin. «Cela ne nous gêne pas de croître moins vite qu'un marché qui englobe aussi des affaires exagérées», ajoute-t-il en faisant référence à la bataille que se livrent les banques dans le financement du logement.

Du côté des coûts, la direction de la banque se félicite de sa performance. Les charges de personnel, le poste le plus important, se sont repliées de 4% sous l'effet d'une baisse de l'effectif de 50 unités plein temps. La BCGE emploie désormais 769 personnes. «Cela provient en grande partie de l'intégration des opérations informatiques et logistiques de la filiale de gestion de fortune Anker», explique Blaise Goetschin. Une trentaine de personnes étaient concernées. A l'avenir, l'effectif pourrait se stabiliser, voire s'étoffer un peu.

Pendant le premier semestre, la Fondation de valorisation a vendu des immeubles pour 504 millions de francs. Sur les 5,3 milliards de crédits non performants sortis du bilan de la BCGE lors de son sauvetage en 2000, il lui en reste la moitié.