Economie

La BCV devient l'unique propriétaire d'Unicible

Informatique. Les Banques cantonales genevoise, valaisanne et neuchâteloise cèdent leurs parts pour 22 millions de francs. Elles renoncent au statut d'actionnaires pour devenir de simples clients

La Banque Cantonale Vaudoise (BCV) rachète les parts des actions d'Unicible détenues par ses consœurs – les trois banques cantonales (Neuchâtel, Valais et Genève). Elle devient ainsi l'unique actionnaire de la société qui assure l'informatique des quatre établissements. La rumeur d'une telle transaction courait depuis une année déjà dans le canton de Vaud, mais la vente n'a eu lieu que mercredi. L'idée de posséder entièrement Unicible date encore de l'ère de Gilbert Duchoud. Du coup, les trois banques cantonales qui sont sorties de la société anonyme deviennent de simples clients. Unicible se transforme ainsi en fournisseur de prestations informatiques comme n'importe quelle autre société déjà présente sur le marché. Coût de ce rachat pour la BCV: 22 millions. Le directeur général de la BCGE, Blaise Goetschin, se félicite de cette transaction: «Nous avons conclu un contrat de services comme le font la plupart des sociétés. Nous étions jusqu'alors actionnaires d'une sorte de coopérative, dont les membres n'avaient pas un rythme identique dans l'investissement de leur infrastructure informatique. Nous ne sommes désormais plus actionnaires mais avons acquis la liberté d'un client.» La banque, qui détenait 6000 actions, soit 30% d'Unicible, affirme avoir fait une opération bénéficiaire.

Alliance possible

Certains observateurs vaudois s'inquiètent. «Même si le prix n'est pas excessif, on peut s'interroger sur cette transaction faite par une banque en manque de fonds propres», souligne l'un d'entre eux. L'affaire semble s'être accélérée depuis l'alliance entre AGI IT Services et Swisscom, qui a donné naissance à Swisscom IT Services, le pendant d'Unicible pour certaines banques cantonales en Suisse alémanique. Ce rachat pourrait signifier que la BCV, désormais la seule propriétaire d'Unicible, pourrait à terme unir sa nouvelle acquisition à un autre partenaire travaillant dans le domaine. «Unicible a toujours intéressé les autres acteurs du marché, estime encore notre interlocuteur. Le bâtiment possède des surfaces considérables, des infrastructures modernes qui pourraient séduire une société comme IBM ou Thalès, voire même la Banque Cantonale de Zurich ou même Swisscom IT Services.» Mais si un partenaire non bancaire prenait, à l'avenir, une participation majoritaire dans Unicible, la Commission fédérale des banques aurait son mot à dire.

Pour certains, la mainmise de la BCV sur Unicible signifie toutefois la fin d'une grande idée de collaboration «mutualiste» entre les banques cantonales. Pas du tout, s'insurge Blaise Goetschin: «Cette transaction a le mérite de clarifier les rôles. Pour nous, c'est un progrès qualitatif, et pas du tout un pas en arrière dans la coopération entre les établissements cantonaux.» Unicible vit là un nouvel épisode de son histoire. La société créée en 1992 pour absorber l'informatique de sept banques cantonales a d'abord dû gérer la fusion entre les deux établissements «d'Etat» vaudois et les deux banques cantonales genevoises. Elle a ensuite réussi à réunir tout le monde sur une plate-forme commune, développée en ses murs. Jusque-là, outil au service des banques actionnaires, la société pourrait revenir à ses premières ambitions: celles de séduire d'autres clients en plus de ses trois anciens actionnaires.

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