Ala suite de la mise en cause de Paul Hasenfratz, vice-président de la Banque Cantonale Vaudoise, dans la convention de rachat par la BCV des bons de participations en mains de l'Etat et en mains privées, Olivier Steimer, président du conseil d'administration de la banque, réfute les accusations de conflit d'intérêts. Il livre au Temps la chronologie des informations relatives aux 200 bons détenus par M. Hasenfratz.

Le Temps: Quand M. Hasenfratz, vice-président du conseil d'administration, vous a-t-il informé qu'il détenait des bons de participation?

Olivier Steimer: M. Hasenfratz est membre du conseil depuis le printemps 2002. Dès l'émission de bons, il m'a informé, ainsi que les membres du conseil, qu'il avait acquis 200 titres. Courant 2004, M. Hasenfratz n'a pas participé aux groupes de travail avec l'Etat pour mettre au point la convention de remboursement des bons. Lorsque la solution finale s'est dessinée et à l'heure de l'accord, M. Hasenfratz a aussitôt rappelé qu'il possédait 200 bons et il a déclaré, qu'en cas de vente, il verserait le bénéfice à une œuvre d'entraide.

– Qui était également informé de cette situation et de cette proposition?

– En janvier 2005, devant la Commission des finances, j'ai spontanément informé qu'un membre du conseil d'administration possédait 200 bons et qu'il s'engageait à verser les éventuels bénéfices à une œuvre que la commission désignerait. Cette information n'avait pas de caractère public et n'avait pas lieu de l'être.

– Au fait, combien de détenteurs de bons existe-t-il?

– Sur 13 586 956 bons, 22 110 bons sont entre les mains – au porteur – de clients privés, soit 0,16% du total.

– Outre M. Hasenfratz, d'autres membres du conseil d'administration ou dirigeants de la banque possèdent-ils de tels bons?

– Non.

– Aujourd'hui, la position de M. Hasenfratz comme vice-président est-elle toujours pertinente?

– La question ne se pose même pas. M. Hasenfratz n'a commis aucune erreur. Il n'a strictement rien caché. Il a affiché une attitude irréprochable. J'affirme que la BCV est chanceuse de disposer en son sein d'une personne de qualité, avec une réputation et une légitimité incontestable.

– Reconnaissez-vous une communication insuffisante ou approximative concernant la détention de bons par un membre du conseil signataire de l'accord?

– Pas du tout. Nous avons informé tous les intéressés prioritaires, l'Etat et la Commission des finances. Tous étaient parfaitement au courant. Certes, ces éléments n'étaient pas à disposition d'un large public. Mardi, même si je souhaitais préciser les choses via un communiqué, la BCV a choisi de ne pas intervenir en plein débat législatif pour ne pas donner l'impression de s'immiscer dans la discussion politique.