Croissance en panne

Le taux de croissance dans l’ensemble des pays du G20 s’élèvera, selon l’OCDE, à 3,9% en 2011 et à 3,8% l’an prochain. Aux Etats-Unis, il sera de 1,7% en 2011 et augmentera à 1,8% l’an prochain. Pour la zone euro, de 1,6% cette année, il descendra à 0,3% en 2012.

Les appels lancés par le G20 en vue d’une action coordonnée pour relancer l’économie mondiale n’ont pas donné les résultats escomptés. Les Etats-Unis comme ­l’Europe se retrouvent embourbés dans la dette et dans le déficit budgétaire. Aux Etats-Unis, la Réserve fédérale ainsi que la Maison-Blanche veulent donner un coup de fouet à l’économie mais toutes les initiatives sont bloquées par les républicains. En Europe, les plans d’austérité freinent l’activité économique. Bref, la croissance que l’on attendait n’est pas au rendez-vous. Au contraire, c’est le spectre de la récession qui a fait surface.

Les pays émergents ne sortent pas indemnes. Leur rythme de croissance est maintenant ralenti.

Doha, espoir déchu

Le G20 n’a pas tenu ses promesses de conclure Doha. Lancées en 2001, les négociations sont en panne sèche. Pascal Lamy, directeur de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a beau expliquer qu’une croissance des échanges constitue l’antidote à la crise, les grands pays campent sur leurs positions. Pas plus tard que ce lundi, l’UE a publié une étude selon laquelle la conclusion de Doha signifierait une injection de 359 milliards d’euros par an dans l’économie mondiale. Une conférence ministérielle de l’OMC est prévue à mi-décembre à Genève, mais personne ne s’attend à une percée spectaculaire de Doha. Une tentative de conclure les sujets pertinents que pour les pays les moins avancés a fait long feu.

Contrôle des agences de notation toujours attendu

Cet été, les agences de notation ont fait l’objet de critiques des deux côtés de l’Atlantique. Début août, Standard & Poors (S & P) a baissé la note de la dette américaine et c’est le secrétaire d’Etat au trésor Timothy Geithner qui est monté aux barricades pour critiquer le fonctionnement de ces agences.

En 2008, le président français Nicolas Sarkozy se disait «très choqué que ces sociétés ont noté triple A des fonds spéculatifs. Elles doivent être sanctionnées; elles n’ont pas fait leur travail.» Lors du sommet du G20 à Londres en avril 2009, il répétait son souhait de les voir les passer sous contrôle. Lors d’un voyage en Chine en 2010, il stigmatisait ces agences qui font «la pluie et le beau temps». Bref, le G20 évoque sans cesse la nécessité «d’encadrer, de réguler, de contrôler et de sanctionner les agences de notation. Mais dans le concret, rien. Le projet de créer une agence européenne est resté lettre morte.

Prix agricoles: la volatilité persiste

La lutte contre la spéculation autour des matières premières, plus particulièrement des produits agricoles, est l’un des grands chantiers de la présidence française du G20. En 2010, la présidence canadienne du G20 reprenait la promesse du G8 de L’Aquila (Italie) en 2009 de réunir 16,6 milliards d’euros sur cinq ans pour lutter contre l’insécurité alimentaire dans le monde, tout en insistant sur la nécessité d’«intensifier les efforts pour mettre en œuvre cet engagement.» Le compte n’est de loin pas bon.