Financement participatif

Bee Invested veut démocratiser le métier de business angel

La nouvelle plateforme de crowdfunding genevoise veut financer des start-up helvétiques

Bee Invested veut démocratiser le métier de business angel

Les plateformes de financement participatif sont de plus en plus nombreuses. La dernière-née, lancée depuis Genève, se nomme Bee Invested. Elle ne propose pas de financer l’album d’un artiste ou le café du coin en échange de petits cadeaux comme le fait, par exemple, la plateforme zurichoise WeMakeIt ou l’américaine Indiegogo. En revanche, elle veut démocratiser l’accès au capital-risque. «Par des tickets d’investissement réduits, de 1000 francs, nous souhaitons permettre au plus grand nombre d’investir, tel un business angel, dans des start-up innovantes en prenant part à leur capital, explique Hichame Metatla, cofondateur de Bee Invested, au côté d’Ilham Hikmi. Nous rencontrons tous les jours des entrepreneurs qui peinent à trouver des financements pour développer leurs start-up car le nombre de business angels est bien trop insuffisant.»

Les deux fondateurs de Bee Invested sont chargés de présélectionner les start-up. «Nous identifions les dirigeants de l’entreprise et vérifions leur business plan. Nous n’acceptons pas tous les projets, précise Hichame Metatla, un diplômé en finance qui a travaillé dans le domaine bancaire. Contrairement à la France ou à la Grande-Bretagne, l’environnement légal est plus favorable à ce genre d’activité d’equity crowd­funding. Nous avons obtenu une autorisation de la Finma, raison pour laquelle nous ne pouvons pour l’instant proposer que des sociétés suisses.»

Trois start-up sur les rangs

Une fois sélectionnées, les start-up doivent effectuer une présentation en ligne devant la communauté d’utilisateurs de Bee Invested – 300 actuellement – afin de récolter un maximum de votes. Elles ont 30 jours pour convaincre. Trois start-up sont déjà présentes sur le site. Limpid Skis, ­initialement DahuShaper, proposent des chaussures de ski innovantes. PB&B veut commercialiser des microbilles destinées à la médecine esthétique. Quant à Memoways, elle cherche à financer un audioguide qui géolocalise le visiteur. Ces trois sociétés cherchent à lever entre 170 000 et 500 000 francs.

Si les start-up recueillent suffisamment de votes, la phase de levée de fonds peut avoir lieu, sur une durée de 90 jours. «Nous définissons d’entente avec la start-up une somme minimale et maximale à atteindre. Si l’objectif n’est pas rempli, les fonds seront renvoyés aux investisseurs», précise Hichame Metatla. Sa société prendra une commission de 7% sur la transaction. «Nous espérons effectuer cinq à six levées de fonds cette année.»

Le financement participatif avec prise de participation au capital est en plein essor, particulièrement en Europe qui représente 60% du marché mondial. «Ce sont 204 millions de dollars qui ont été levés en 2013 dans l’equity crowdfunding», précise Hichame Metatla. En Suisse, de nouvelles plateformes éclosent régulièrement, suivant les traces du leader zurichois Investiere. Après Bee Invested, d’autres vont suivre, à l’exemple de la société française Raizers qui a annoncé le lancement d’une plateforme pour la Suisse ces prochaines semaines.

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