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Canal Plus a peu à peu perdu les images de la Coupe du Monde, d’une partie de la Ligue des Champions (ici la finale 2016 entre les deux clubs de Madrid), du foot français, espagnol, italien et allemand, ainsi que du handball français ou encore de ...
© Boris Streubel

Sport

BeIN Sport, l'ennemi juré qui veut faire alliance avec Canal +

Pendant trois ans, la chaîne qatarie a ravi les droits de diffusion de nombreux sports, notamment des grands championnats de football, à Canal +. Les deux adversaires sont désormais déficitaires et cherchent à s’allier

BeIN Sport a gagné là où personne n’y était parvenu auparavant. Avant la chaîne qatarie, aucun diffuseur n’avait réussi à battre Canal + sur l’un de ses terrains de prédilection, le sport.

A son arrivée dans l’Hexagone, en 2012, BeIN Sport a d’abord débauché plusieurs journalistes établis de la chaîne cryptée. Dans un contexte d’hyperinflation des droits du sport, la chaîne en mains du groupe Al Jazeera lui a ensuite ravi peu à peu les images de la Coupe du Monde, d’une partie de la Ligue des Champions, du foot français, espagnol, italien et allemand, ainsi que du handball français ou encore de la NBA.

Lire aussi : Les ambitions contrariées de Vincent Bolloré à la tête de Canal +

Des règles du jeu différentes

Canal+ s’était d’abord plaint d’une concurrence déloyale de la part d’une chaîne aux moyens illimités, qui n’était pas soumise aux mêmes règles du jeu – celui de la rentabilité. Aujourd’hui, d’ailleurs, cette dernière serait nettement déficitaire – à hauteur de 250 millions d’euros par an (277 millions de francs), selon Natixis, alors qu’elle revendique 2,5 millions d’abonnés à environ 13 euros par mois.

Après avoir aligné les défaites – Canal a aussi perdu la Premier League anglaise au profit de Altice, la chaîne cryptée a déposé les armes. Voyant chuter le nombre de ses abonnés, elle a fini par se résoudre à faire ami-ami avec l’ennemi.

Le groupe Canal+ est désormais prêt à débourser au moins 1,5 milliard d’euros sur cinq ans pour distribuer sa concurrente en exclusivité – via Canalsat ou d’autres fournisseurs de télévision par Internet, comme Free ou SFR. Il récupérerait ainsi indirectement tous les droits qu’il a perdu ces dernières années. BeIN Sport, de son côté, pourrait s’appuyer sur ce pactole pour se refaire une santé financière.

L’arbitre a dit non

Le conditionnel reste de mise car il y a un dernier obstacle: la décision arbitrale. Jusqu’ici, l’Autorité de la concurrence interdisait à Canal+ de distribuer en exclusivité des chaînes dites «premium», comme l’est BeIN Sport. Canal a demandé la levée de cette restriction. En vain. La décision – le refus – a été officialisée jeudi dernier. Pendant les deux mois qu’aura duré la réflexion de l’Autorité de la concurrence, plusieurs voix se sont fait entendre pour que cette alliance n’aboutisse pas.

Pour le gendarme de l’audiovisuel (CSA), elle anéantirait toute concurrence dans la diffusion du sport en France. Les autres opérateurs internet, dont SFR, craignaient de ne plus recevoir de commissions pour distribuer BeIn Sport, comme ils le font aujourd’hui.

La partie n’est toutefois pas encore terminée. Les spécialistes s’attendent à ce que les deux anciens ennemis retentent le coup avec un accord allégé. Et moins coûteux pour Canal+.

Lire aussi: Canal + perd la Premier League

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