Pour ou contre le «pactole» de 10 milliards d’euros? Depuis quelques jours, la presse belge calcule ce que rapporterait au fisc du Royaume la conclusion avec la Suisse d’un accord bilatéral de type Rubik sur un impôt libératoire.

La somme de 10 milliards d’euros, reprise vendredi par le quotidien économique L’Echo, correspond à un tiers des 30 milliards d’euros d’origine belge qui dormiraient dans les banques helvétiques. «En cas d’accord bilatéral entre Berne et Bruxelles, un prélèvement d’un tiers pourrait intervenir au titre de la régularisation du passé. Après quoi, une taxation annuelle de 25% sur les capitaux des belges non résidents en Suisse serait appliquée et rétrocédée à la Belgique», poursuit le journal.

Favorable à Rubik

Cette flambée d’articles sur la régularisation possible des capitaux belges non déclarés fait suite à des estimations attribuées à la Banque nationale Suisse, dans le cadre de pourparlers au sujet d’un éventuel accord Rubik entre les deux pays. Le ministre des Affaires étrangères belge, Didier Reynders, longtemps à la tête des Finances, était lundi et mardi à Berne, puis à Neuchâtel, où il a rencontré Didier Burkhalter et Eveline Widmer-Schlumpf. Il s’y est déclaré favorable à une proposition de type Rubik, comparable à celle signée avec l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Autriche. «Il serait utile d’organiser une réunion d’experts», a-t-il suggéré, tout en apportant des nuances sur les chiffres. Les spécialistes belges pointent en outre du doigt le Luxembourg, où les capitaux du plat pays se réfugient en masse. «Cette formule n’a de sens que si le Grand-Duché s’y rallie aussi», juge-t-on à Bruxelles.

«Ce que j’aime dans l’idée suisse, c’est que les fraudeurs paieraient alors qu’ils ne paient rien aujourd’hui, a poursuivi Didier Reynders. Cela vaut au moins un débat au parlement belge.» Son parti, le Mouvement réformateur (libéral) siège au sein de la coalition gauche-droite conduite par le premier ministre socialiste, Elio Di Rupo.