Vue d’aujourd’hui, l’année 2016 semble bien morose. On se souvient surtout des chocs, de l’élection de Donald Trump au vote sur le Brexit, en passant par la vague de décès de célébrités ou l’absence de neige. Ce sentiment est similaire à celui qui dominait il y a un an, mais pour d’autres raisons.

Début 2016, la plupart des observateurs s’attendaient tout simplement à la fin du monde. Avec un «hard landing» chinois, des Etats-Unis fragilisés par un dollar fort et un baril bon marché, ce dernier menaçant au passage les économies émergentes. Et, bien sûr, l’Union européenne n’allait pas tarder à imploser sous l’effet de ses banques chancelantes.

Or rien de tout cela ne s’est produit. Certes, depuis novembre, le monde a la sensation d’entrer dans une nouvelle dimension, avec la perspective que tout peut se passer, le meilleur comme le pire. Voire leur contraire. Ce n’est vrai qu’au niveau géopolitique, en particulier du côté de Washington.

Un renouveau pour l’économie mondiale

Car l’économie mondiale traverse un renouveau, qui n’est pas si neuf que cela, à vrai dire. La tendance porteuse qui soutient l’économie mondiale (et continuera à le faire pour la première partie de 2017) remonte à la fin de l’été, lorsque l’économie américaine a commencé à réaccélérer, après avoir digéré la hausse du dollar. Les futures baisses d’imposition des entreprises promises par Trump devraient entretenir ce mouvement positif. Cerise sur le gâteau, la reprise du cours des matières premières – pétrole en tête – a généré un rebond des pays émergents.

Cette dynamique a poussé le bon goût jusqu’à ramener de l’inflation dans la zone euro (+1,1% en décembre!) et aux Etats-Unis, où elle devrait frôler l’objectif officiel de 2% cette année. Il s’agit surtout de reflation, à défaut d’une bonne vieille hausse des prix, mais le signal est toujours bon à prendre. On espère qu’il se manifeste aussi en Suisse sous peu.

Une croissance mondiale qui est restée stable

Cette lame de fond explique que 2016 a objectivement été une bonne année. Cela peut paraître surprenant, mais la croissance mondiale a tenu. Bien sûr, elle reste à un niveau faible et ne va probablement pas s’emballer de sitôt. Mais au moins, elle ne s’est pas effondrée et ne devrait pas le faire prochainement.

Pour leur part, les marchés ont même échappé aux traditionnels krachs boursiers d’été et d’octobre (ils n’ont même pas eu le moindre soubresaut chinois à se mettre sous l’algorithme comme en 2015).

Ce relatif optimisme ne doit pas cacher l’inévitable revers de la médaille. Après avoir vu les choses en noir il y a un an, les marchés semblent tout voir en rose en ce début 2017, mettant de côté les problèmes qui ne se sont pas évaporés. On verra dans un an si 2017 aura été à la hauteur de ces miraculeuses espérances.