Publicité

BeMore a séduit Verbier et Crans

La société vaudoise vise une entrée en Bourse dans cinq ans.

L'outil n'est pas révolutionnaire, puisque déjà largement utilisé par les compagnies aériennes. Mais le principe du yield management, technique qui permet de calculer en temps réel les meilleurs prix pour optimiser le profit généré par la vente de produits ou de services, séduit de plus en plus les stations de ski.

En tout cas, Crans-Montana et Verbier l'ont déjà adopté. Et les deux ont choisi la plate-forme en ligne e-liberty développée par la société vaudoise BeMore. Elle permet d'un seul clic des réservations «bouquet» d'hôtels, de forfaits de ski, de cours de ski et de location de matériel. Le client n'a ainsi plus besoin de faire la queue au bas des remontées mécaniques et recevra son forfait à domicile ou alors sur son lieu d'hébergement.

«Notre méthode est conçue comme un outil de tarification préférentielle», explique François Vassard, directeur de la jeune pousse BeMore. En d'autres termes, le touriste pourra bénéficier d'offres promotionnelles attractives. Eric Balet, directeur général de Téléverbier, qui a fait le choix de ne pas proposer de réduction, parle déjà de succès. Alors qu'il s'attendait à environ 5% de réservations de forfaits de ski par ce biais, à fin novembre, elles s'établissaient déjà à 18,5%, soit 800000 francs de chiffre d'affaires qui ont déjà été payés. A terme, la plate-forme offrira aussi des excursions, comme des balades en dameuse avec un repas compris, ou encore permettra de réserver un restaurant. L'offre des agences immobilières de la station valaisanne pourrait aussi être intégrée au site. Pour les stations, cette méthode doit avant tout permettre d'attirer de nouveaux clients et de fidéliser les anciens. Des offres individualisées seront envoyées aux anciens clients en fonction de ce qu'ils ont déjà consommé. Au final, la planification sera améliorée et la gestion de la trésorerie optimisée.

BeMore est déjà en contact avec une quinzaine d'autres stations. Au Japon, deux sociétés ont aussi jeté leur dévolu sur e-liberty. Les stations balnéaires et les parcs aquatiques sont également des débouchés possibles. Forte de ces succès, la PME vaudoise, qui emploie 68 personnes, voit grand. Alors que son chiffre d'affaires de l'exercice en cours devrait doubler à 9,2 millions de francs, l'entreprise s'attend à des ventes de 100 millions de francs à l'horizon 2011 si les affaires se développent comme prévu. Une taille qui devrait lui permettre de faire son entrée en Bourse. «Une IPO a toujours été notre objectif», selon François Vassard.