Malgré la nouvelle donne, Credit Suisse a réalisé au premier trimestre 2015 un bénéfice net distribuable aux actionnaires de 1,05 milliard de francs, en hausse de 23% sur un an. L’abolition par la Banque nationale suisse (BNS) du taux plancher du franc contre l’euro et l’introduction de taux d’intérêt négatifs ont eu un impact «limité».

Les décisions prises mi-janvier par la BNS ont constitué l’un des événements les plus importants du premier trimestre et ont fortement modifié l’environnement de marché, indique mardi Credit Suisse. Pour y faire face, la grande banque a mis en place des mesures d’économies d’une part, et de croissance d’autre part.

«Notre réponse rapide et proactive au changement de contexte monétaire et d’environnement des taux d’intérêt suite à l’annonce de la BNS, combinée à l’amélioration de l’activité du marché, a atténué l’impact sur nos résultats», explique le directeur général Brady Dougan, cité dans le communiqué. Il se félicite notamment de la forte performance des affaires de Wealth Management Clients.

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L’Américain relève la performance générale trimestrielle «très bonne et constante». Le bénéfice avant impôts des activités poursuivies s’élève à 1,54 milliard de francs, en hausse de 10% par rapport au premier trimestre 2014. Les produits nets ont augmenté de 3% sur un an pour atteindre 6,67 milliards.

C’est la dernière fois que Brady Dougan commente les résultats trimestriels de Credit Suisse. Pour rappel, après 25 années au sein de l’établissement, dont huit à sa tête, il quittera ses fonctions à la fin du mois de juin. Le Franco-Ivoirien Tidjane Thiam, actuel patron de l’assureur britannique Prudential, a été désigné pour lui succéder.

Mardi, à la bourse suisse, l’action Credit Suisse évoluait dans le rouge, après des résultats trimestriels jugés mi-figue mi-raisin par les analystes. Nombre d’entre eux s’attendent à la prudence des investisseurs jusqu’au changement de direction.

Recul des produits

Dans la division Private Banking & Wealth Management, le numéro deux bancaire helvétique enregistre des entrées de capitaux de 17 milliards de francs. Mais la gestion de fortune accuse un recul de 8% sur un an des produits nets, à 2,97 milliards de francs, tandis que le bénéfice avant impôts s’est contracté de 18% à 834 millions.

A elles seules, les activités Wealth Management Clients ont généré des afflux nets d’argent frais de 7 milliards de francs, portées par l’Asie-Pacifique, les Amériques et la Suisse. Les sorties de capitaux liées au processus en cours de régularisation se chiffrent à 1,4 milliard.

L’unité Investment Banking traduit quant à elle une progression des produits de la vente et du négoce, tandis que les activités d’émission et de conseil ont connu un démarrage difficile. Les produits nets ont gagné 5% sur un an à 3,6 milliards de francs. Le bénéfice avant impôts a bondi de 14% à 945 millions, après une perte au trimestre précédent.

Objectif d’économies révisé

A fin mars, le groupe a réalisé des économies d’environ 3,6 milliards de francs depuis le lancement de son plan en 2011, précise-t-il. La direction table sur des réductions de coûts totales de 4 à 4,25 milliards au terme de l’exercice, contre plus de 4,5 milliards visés auparavant. D’ici à fin 2017, elle ambitionne 200 millions d’économies supplémentaires.

De janvier à mars, l’exposition à l’endettement a été réduite de 95 milliards de francs, surtout à Investment Banking. Mais le ratio du noyau de fonds propres de base (CET1) selon Bâle III (look-through CET1) s’est péjoré à 10%, après 10,1% fin 2014. En cause, l’impact monétaire, des rachats d’actions et des changements réglementaires touchant aux actifs pondérés du risque, explique la banque.

Pour l’année en cours, le groupe estime que la dynamique se poursuit au deuxième trimestre 2015 et voit une amélioration dans les activités d’émission et de conseil. L’établissement financier se redit engagé à atteindre ses objectifs en matière de fonds propres et d’endettement. Note aux rédactions: Compléments suivront après conférence téléphonique.