Le groupe Bâloise n'a pas annoncé mardi le recentrage stratégique sur les assurances – ni par conséquent le désinvestissement des activités bancaires – attendu par certains. «Nous n'allons pas nous défaire d'une activité parce que celle-ci rencontre des problèmes», a justifié Rolf Schäuble, président du conseil d'administration de la cinquième compagnie d'assurances helvétique, faisant allusion au marché belge, lourde source de pertes en 2002, avec les activités allemandes.

Le net redressement enregistré par Bâloise dans ces deux pays l'an dernier – même si Mercator en Belgique reste dans le rouge – a notablement contribué à l'amélioration de la rentabilité opérationnelle du groupe en 2003. Les unités Allemagne et Suisse ont d'ailleurs renoué avec les bénéfices, y compris pour cette dernière dans les affaires vie collectives (prévoyance deuxième pilier).

Alors que Bâloise tablait en février sur un bénéfice net supérieur à 80 millions de francs pour 2003 (après une perte nette de 634 millions en 2002), celui-ci s'est finalement élevé à 91 millions de francs, dépassant les attentes du consensus, grâce à une performance des placements rehaussée à 4,6% (–0,9% en 2002). Pour 2004, le groupe vise une nouvelle «amélioration notable du bénéfice». Il propose par ailleurs d'augmenter le dividende de moitié ainsi que la création d'un capital conditionnel de 10% pour se refinancer à moindres coûts.

Qualité décevante

Dans son commentaire sur les résultats, la Banque Leu se montre déçue par la «qualité plus faible que prévu des bénéfices». Ce qu'elle explique par un niveau de plus-values réalisées inférieur à ses prévisions. L'analyste de la banque juge que les restructurations portent leurs fruits au sein de l'unité d'assurances vie, mais que ce ne serait pas encore le cas au sein de l'unité non-vie.

Ce dernier secteur a enregistré un bénéfice avant impôts de 91 millions de francs en 2003, après une perte de 202 millions en 2002. Si les recettes de primes ont augmenté de 14% en monnaies locales, à 3,1 milliards de francs compte tenu de l'acquisition de Securitas en Allemagne, la croissance organique s'est limitée à 3%.

Les assurances vie affichent de leur côté un bénéfice de 69 millions de francs après une perte de 359 millions un an plus tôt. Mais l'accent porté sur la rentabilité s'est traduit par une baisse du volume de primes de 8,1% en monnaies locales. Enfin, les affaires bancaires du groupe Bâloise ont généré un bénéfice en hausse de 24% à 37 millions de francs (perte de 100 millions en 2002), compte tenu d'un bénéfice en progression de 8% à 35,6 millions pour Bâloise Bank Soba. L'action Bâloise a gagné 1,2% à 57,70 francs mardi.