La Banque Cantonale vaudoise (BCV) a connu une année «réjouissante» en 2000, comme le démontrent les résultats publiés lundi pour la maison mère. Déjà en 1999, le groupe BCV avait enregistré une forte progression de ses activités avec une hausse du bénéfice brut de 27%. Le dernier exercice est l'exact prolongement de ces performances dans la plupart de ses secteurs d'affaires. Les analystes attendent certes les comptes consolidés avant de se prononcer, mais les chiffres communiqués démontrent suffisamment la santé de cette banque cantonale. Sans prendre en compte les apports de ses filiales et participations comme la Banque Piguet, la Banque Galland, Gerifond ou le groupe Ecofi à Paris, la BCV affiche un bénéfice brut en progression de 16,7% à 444 millions de francs et un résultat net de 156 millions, soit une hausse de 20,7%.

«Depuis la fusion entre la BCV et Crédit Foncier Vaudois, il y a un effet de rattrapage qui peut expliquer en partie cette envolée de résultats, explique Christian Bohner, conseiller économique de la BCV, car la rentabilité de l'établissement était faible. Aujourd'hui, nous pouvons la juger comme acceptable avec un rendement des fonds propres de 19%, nettement plus proche de nos objectifs. A noter également que la stratégie de la banque consistant à diversifier ses métiers a pleinement porté ses fruits. Depuis 1996, nous avons ainsi doublé notre bénéfice brut. Une amélioration qui vient essentiellement des développements dans la banque d'affaires et la gestion de fortune où les taux de croissance sont meilleurs que dans les affaires au bilan.»

Pour l'exercice 2000, le total des produits se monte ainsi à 875,4 millions (+14%), redevable pour près de la moitié aux opérations d'intérêt. Celles-ci ont en effet rapporté quelque 400 millions à la banque, enregistrant une progression comparable aux deux exercices précédents de 11,9%. Ce sont toutefois les opérations de commission qui ont soutenu l'activité de la BCV durant l'année avec une croissance de 17% à 239 millions. A noter que la masse sous gestion a augmenté de plus de 2 milliards par rapport aux 61,3 milliards à fin 1999. Les opérations de négoce ont en revanche chuté d'un tiers à 89,3 millions, malgré les bons résultats des activités sur devises et instruments dérivés. Les responsables de la banque expliquent cette contre-performance par la rentabilité du portefeuille titres, nettement moins bonne que celle de l'année antérieure. Ce recul a néanmoins été compensé par des prises de bénéfices sur certaines positions en actions cotées figurant dans les immobilisations financières, qui expliquent l'explosion de 104% des autres résultats ordinaires à 147 millions. Les charges d'exploitation, quant à elles, se sont accrues de 11,3% à 432 millions, essentiellement en raison des dépenses salariales et informatiques.

Anciennes affaires

Pour l'année écoulée, le poste «correctif de valeurs, provisions et pertes» reste important avec 218 millions contre 189 millions en 1999. «Comme les offices de poursuites sont moins surchargés, ils ont pu procéder à davantage de liquidations que par le passé, commente Christian Bohner. Pour nous, il s'agit d'anciennes affaires héritées du passé sur un total de crédit à risque qui se monte encore à 2 milliards. Nous avons donc quelques années de travail devant nous. Si l'on observe les besoins en provisions figurant au bilan, on observe toutefois une baisse de 109 millions à 1,13 milliard. Cela montre bien une diminution du stock de nos crédits en difficulté.» Sur la base d'un bénéfice net de 156 millions, le conseil d'administration proposera aux actionnaires un dividende inchangé de 17,5 francs par action, diminuant le «pay out ratio» de 63% à 53%.