Sur le seul quatrième trimestre, Adecco a essuyé une perte nette de 22 millions d’euros, contre un bénéfice de 150 millions à la même période de l’exercice précédent. Ce déficit s’explique par un amortissement de goodwill (valeurs non matérielles) de 116 millions, a précisé mercredi le groupe vaudois

Le chiffre d’affaires a pour sa part reculé de 15% à 4,63 milliards d’euros. Le résultat opérationnel (niveau EBITA) s’est contracté de 37% à 123 millions, donnant une marge de 3,6% contre 4,8% un an plus tôt. Sur l’ensemble de l’année, il présente une contraction de 11% à 908 millions.

Progression en Suisse

Les activités en Suisse et en Autriche ont dégagé des ventes de 569 millions d’euros, en hausse de 8%. Les taux de croissance sont encore solides en Allemagne (+23%), sur les marchés émergents (+10%) de même qu’au Japon (+6%).

En France par contre, un des marchés clé, Adecco a vu son chiffre d’affaires reculer de 5% à 6,57 milliards d’euros. Ce dernier a diminué de 16% à 2,69 milliards aux Etats-Unis et au Canada. La Grande-Bretagne et l’Irlande ont, elles, enregistré une chute de 25%.

Le plus important secteur d’activités d’Adecco, soit l’administration et l’industrie, a baissé de 6% à 15,32 milliards d’euros. Le domaine de la technologie et de l’information a reculé de 15%, l’ingénierie et technique de 9% et la finance et le juridique de 8%.

Suppressions d’emplois

Face au ralentissement conjoncturel, Adecco va accélérer les suppressions d’emplois. A la fin de l’an passé, le numéro un mondial du travail temporaire avait déjà réduit ses effectifs de 7% en un an pour les ramener à 34 000 collaborateurs (pour 6600 agences dans 60 pays).

A la fin du premier trimestre 2009, le taux de réduction devrait même passer à deux chiffres en comparaison annuelle, a indiqué en conférence de presse téléphonique Dominik de Daniel, directeur financier de la société vaudoise.

Le responsable n’a cependant pas voulu faire de prévisions plus précises. Il n’a pas cité d’objectifs quantifiés de suppressions de postes pour l’ensemble de l’année.

Dominik de Daniel a précisé qu’à court terme, Adecco n’avait pas de besoins de refinancement de sa dette. Les prochaines échéances ne tomberont qu’en 2013. L’endettement net atteignait 617 millions d’euros à fin 2008, contre encore 1,19 milliard à la mi-2008 et 866 millions à fin 2007.

Le conseil d’administration proposera à l’assemblée générale de verser un dividende inchangé de 1,50 franc par action au titre de l’exercice écoulé.

Pas d’amélioration

Côté perspectives, Adecco ne voit pas de signe d’amélioration à court terme, les revenus ayant chuté de 25% en janvier. Le groupe prévoit de dépenser 50 millions d’euros lors du premier semestre pour réduire ses coûts et sauver ses marges.

A la Bourse suisse, les investisseurs ont sanctionné l’action Adecco, celle-ci décrochant de plus de 7% vers 14h15 à 31,50 francs. La performance 2008 est jugée largement inférieure aux attentes des analystes, dans un marché en légère hausse.

Adecco a par ailleurs fait connaître son intention de contester le montant de l’amende de 34 millions d’euros infligée en France en février. Le groupe s’était vu condamner, via sa filiale Adia, avec ses concurrents Manpower et Vedior pour entente.