Le bénéfice net de la première banque suisse UBS a plongé au deuxième trimestre, reculant de 58,1% à 425 millions de francs suisses, a annoncé l’établissement mardi dans un communiqué de presse. L’action UBS a ouvert en forte baisse mardi à la bourse de Zurich: vers 9h25, elle cédait 5,67% à 10,31 francs.

Ce résultat est largement inférieur aux attentes des analystes interrogés par l’agence suisse AWP, qui tablaient en moyenne sur un profit net de 1,1 milliard de francs suisses. Les analystes interrogés par l’agence financière Bloomberg tablaient sur un bénéfice de 1,09 milliard.

UBS explique ce recul par notamment une baisse des revenus issus du négoce et des prestations de services, ainsi que par une augmentation des charges d’exploitation.

Gain sur la dette

La banque a néanmoins réduit les dégâts grâce à un gain sur sa dette de 239 millions de francs suisses, a-t-elle précisé dans un communiqué.

Alors que le groupe s’est retrouvé dans le collimateur des régulateurs en raison des niveaux de fonds propres jugés insuffisants, le directeur général Sergio Ermotti a affirmé que la banque était «déterminée à consolider (sa) position de banque la mieux capitalisée». «Nous nous attendons à ce que notre ratio de catégorie 1 selon Bâle III soit amplement au-dessus de 9% d’ici la fin 2012», a-t-il souligné, cité dans le communiqué.

UBS s’est montrée prudente face à l’avenir, notamment marqué par la crise dans la zone euro, le niveau de dette des Etats-Unis et les tensions géopolitiques qui «continueront d’influer fortement sur la confiance des clients et […] sur le niveau d’activité au troisième trimestre».

Malgré ces difficultés, l’établissement zurichois demeure «convaincu» qu’il continuera «d’attirer de nouvelles entrées nettes de fonds».

Pertes liées à Facebook

UBS a en outre subi une perte de 349 millions de francs en lien avec l’introduction en bourse de Facebook, le numéro un mondial des réseaux sociaux. «Du fait de graves dysfonctionnements lors de l’introduction initiale en bourse de Facebook par le Nasdaq, nous avons enregistré une perte de 349 millions de francs suisses», a précisé le groupe qui veut «réclamer la compensation intégrale» de ses pertes.

L’établissement zurichois a expliqué dans un communiqué avoir reçu de nombreux ordres de ses clients pour cette introduction en bourse très attendue, mais qu’en raison de pannes à la bourse américaine, des ordres ont été passés plusieurs fois. Le résultat de ces problèmes a été que le Nasdaq a passé tous les ordres et a attribué à UBS beaucoup trop d’actions.

«La perte d’UBS est la conséquence des multiples défaillances du Nasdaq à assumer ses obligations», notamment de ne pas avoir suspendu le négoce du titre nouvellement introduit sur le marché, a insisté la banque suisse.

Cette dernière va «entreprendre les actions juridiques appropriées contre le Nasdaq pour réagir contre son grave dysfonctionnement» et entend «réclamer la compensation intégrale de (ses) pertes».