Le coup d’envoi dans l’année 2016 s’annonçait difficile pour UBS, à l’instar du reste du secteur bancaire. Inférieur aux quelque 800 millions attendus par les analystes, le bénéfice net de 707 millions de francs d’UBS au premier trimestre a reculé d’un quart par rapport aux trois derniers trois mois de 2015 (949 millions), tandis qu’il a même diminué des deux tiers sur un an (1977 millions). L’action UBS a chuté de plus 8% mardi après-midi, avant de clôturer la séance en recul de 7,5% à 15,29 francs.

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Afflux élevé d’argent frais

La division de gestion de fortune, l’unité la plus rentable du groupe, a dégagé un résultat opérationnel de 557 millions de francs, en recul de près de moitié sur un an. En revanche, l’afflux net d’argent frais de 15,5 milliards de francs entre janvier et mars, qualifié d’«extraordinairement élevé» par Bordier & Cie, a été le plus élevé sur un trimestre depuis 2014. Ces afflux nets proviennent de toutes les régions, y compris de l’Europe de l’Ouest et des marchés émergents qui avaient subi des retraits lors des trois derniers de l’an dernier. En y ajoutant les apports nets de 13,6 milliards de dollars de la gestion de fortune aux Etats-Unis, ce sont près de 29 milliards de francs d’argent frais qui ont afflué dans les coffres de la banque. Les activités de banques d’affaires ont, elles, dégagé un résultat opérationnel de 253 millions de francs, en ligne avec les prévisions.

Pas de coupe dans les effectifs

Deux facteurs expliquent la forte chute du cours de l’action mardi. Premièrement, UBS n’a pas annoncé de nouveau programme d’économie de coûts, contrairement aux rumeurs qui avaient circulé dans divers médias ces derniers jours évoquant jusqu’à 400 postes biffés en Suisse. Cela a pu être une déception pour les marchés, a estimé la BCZ. A fin mars, UBS a néanmoins réalisé 1,2 milliard de francs de réduction de coûts par rapport à fin 2013, confirmant également être en «bonne voie» pour atteindre son objectif de 2,1 milliards d’économies visées d’ici à fin 2017.

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La banque va néanmoins mettre en place des mesures de réorganisation dans ses activités de gestion de fortune dès juillet. Dans un mémo interne cité AWP et d’autres agences, Jürg Zeltner, le président de la division de gestion de fortune, évoque un regroupement des fonctions qui n’ont pas de contact avec la clientèle, à l’exemple du centre opérationnel, des finances ou des ressources humaines. La réduction de la complexité conduira dans certains cas à une diminution de personnel, selon la note.

Un modèle d’affaires vulnérable, selon IG

Deuxièmement, les perspectives présentées par Sergio Ermotti ont pu refroidir certains investisseurs. Le directeur d’UBS a évoqué notamment une «volatilité substantielle sur les marchés» ayant entraîné une «aversion au risque plus prononcée chez les clients» au premier trimestre. Selon lui, il est vraisemblable que ces facteurs «persisteront encore dans un avenir proche». Les perspectives présentées par Sergio Ermotti ont paru «beaucoup plus alarmantes que chez ses pairs», a jugé IG (Suisse). La société observe que la volatilité sur les marchés au premier trimestre a eu moins d’impact chez des établissements comme Citigroup, Bank of America ou JP Morgan.

«Cela donne l’impression que le modèle d’affaires d’UBS est plus vulnérable à la volatilité des marchés», estime IG (Suisse) qui prévoit une marge de fluctuation pour l’action restant située entre 14 et 16 francs. Plus nuancé, Baader Helvea a estimé que «compte tenu des circonstances, le début d’année réalisé par UBS a été aussi bien qu’il pouvait l’être».

Malgré tout, a insisté Sergio Ermotti, les «conditions observées au premier trimestre ne peuvent pas être considérées comme la nouvelle normalité». Selon le Tessinois, UBS est ainsi bien positionnée pour pouvoir tirer parti même d’une petite amélioration des conditions du marché.