«2005, année du cinquième anniversaire de Syngenta, a été marquée par des gains de parts de marché dans le secteur de la protection des plantes. Cette nouvelle année de croissance nous permet d'envisager, de 2006 à 2008, une progression à deux chiffres du bénéfice par action.»

Michael Pragnell, 58 ans, patron du groupe suisse issu de la fusion, en l'an 2000, des secteurs agrochimiques de Novartis et d'AstraZeneca, affichait un large sourire jeudi. Les résultats du groupe, présentés dans le quartier des affaires de Londres, sont excellents, légèrement au-dessus des attentes des analystes financiers.

Les investisseurs l'ont aussi entendu de cette oreille en faisant progresser le titre de plus de 1,5% peu après l'ouverture de la Bourse, ce qui amène une hausse de quelque 35% en un an.

Le chiffre d'affaires du groupe, réalisé aux trois quarts par des ventes de fongicides, d'insecticides et d'herbicides sur tous les continents, a augmenté de 11% l'an dernier et dépasse pour la première fois 8 milliards de dollars (8,104). Les ventes ont été particulièrement bonnes aux Etats-Unis et en Europe de l'Est. La faiblesse du marché ouest-européen a été nettement compensée par celle de l'est du continent. Le chiffre d'affaires atteint 400 millions de dollars dans cette région, en croissance moyenne annuelle de 12% depuis 2002.

Longtemps parent pauvre du groupe agrochimique, le secteur des semences a fait un bond l'an dernier grâce à l'acquisition de deux entreprises américaines. «Il y a cinq ans, il ne représentait que 14%. Cette part est aujourd'hui de 22%, à hauteur de 1,8 milliard de dollars. Nous avons désormais une masse critique suffisante pour nous développer», explique Mike Mack, responsable de cette division. Dans ce domaine, Syngenta, qui était considéré comme un grossiste pour les agriculteurs, se rapproche du consommateur. Le lancement de nouveaux produits, comme une pastèque sans pépins, repose sur des modèles commerciaux de participation à la chaîne de distribution. Syngenta est numéro un dans les graines de fleurs et numéro deux sur le marché des légumes. «La biotechnologie nous aide à développer notre portefeuille de produits», note Mike Mack. Cela ne passe pas forcément par le recours à des organismes génétiquement modifiés (OGM). Les OGM concernent le maïs ou le soja, dominés par l'entreprise américaine Monsanto.

Syngenta, bien que basé en Europe, où la résistance aux OGM est forte, entend également se battre sur ce marché. Il prévoit de faire passer ses ventes de 0,4 milliard de dollars en 2005, à 1 milliard en 2010.

Le groupe a passé le cap d'années climatiques difficiles, et de restructurations marquées par l'annonce de centaines de suppressions d'emplois. Il atteint désormais un rythme de croisière. «Les réductions de coûts de 252 millions de dollars jusqu'en 2008 ne se feront pas par de nouvelles fermetures d'usines et des suppressions massives d'emplois», assure Michael Pragnell.

Le fort taux de retour sur investissement en 2005 (24,6%) permet de choyer les actionnaires. En 2006, 800 millions de dollars leur seront distribués par une hausse du dividende et un programme ciblé de rachat d'actions avec une prime de 26%.