Dans le monde bancaire, les nouvelles se suivent et se ressemblent: elles sont mauvaises. Dans le cas de l'Union Bancaire Privée (UBP), qui publiait jeudi ses résultats semestriels, la surprise était d'autant moins grande que l'établissement genevois, apprenait-on le mois dernier, va supprimer 10% de ses effectifs au cours de cette année pour mieux s'adapter à la nouvelle donne des marchés. Le bénéfice brut de l'UBP, avec une baisse de 46,15% par rapport au premier semestre 2000, à 112 millions de francs, est un peu moins bon que celui de Julius Bär (–39,2%) mais bien meilleur que celui de Vontobel (–72%). Comme pour toutes les maisons de gestion, la chute des Bourses a eu de lourdes répercussions tant sur le résultat des opérations de négoce que sur celui des commissions et prestations de service, la principale source de revenus: le premier a chuté de 54,65% (–42,3% pour Julius Bär) à 30 millions, gérants et clients préférant se tenir pour l'instant à l'écart des marchés. Le second s'est affaibli pour sa part de 21,46% à 161 millions de francs (–15,9% chez Bär).

Deux satisfactions toutefois. Premièrement, les charges d'exploitation sont maîtrisées, atteignant 155 millions au premier semestre 2001 contre 152 millions à la même période de l'an passé, surtout grâce à une plus grande vigilance à l'égard des frais généraux. Les suppressions d'effectifs ne déploieront leurs effets qu'à partir du dernier trimestre. Deuxièmement, la masse sous gestion, dont les avoirs gérés par les gérants externes, progresse assez significativement, de 7,6% (–0,8% chez Bär), et s'établit ainsi à 62,4 milliards de francs. «Une bonne moitié de cette croissance est liée au taux de change entre le franc suisse et le dollar, une part probablement plus importante des avoirs que dans d'autres banques de gestion étant libellée en dollar, explique Michael Wyler, responsable de la communication de l'UBP. Le reste se partage, plus ou moins à égalité, entre l'apport de nouveaux actifs et l'effet performance, poussé à la hausse par les hedge funds.» La politique dynamique de la banque d'Edgar de Picciotto dans la gestion alternative a donc permis à l'UBP d'éviter une chute plus brutale des résultats.

Sur l'ensemble de l'année, estime Michael Wyler, l'UBP devrait contenir la baisse du bénéfice en le ramenant aux alentours de –30% par rapport à l'excellente année 2000, grâce notamment aux instruments alternatifs à capital garanti, appréciés par les clients qui craignent encore de se lancer dans les hedge funds.