Le leader mondial de la téléphonie mobile, Nokia, a dévoilé jeudi un bénéfice net en chute libre au premier trimestre sur un an (-90%), à 122 millions d’euros, le plus mauvais de la décennie, sous l’effet d’un net recul de ses ventes, mais a rassuré quant à ses perspectives. Le finlandais, qui a annoncé la suppression de plus de 3000 emplois à travers le monde depuis janvier dans le cadre d’un vaste programme d’économies, a dégagé un bénéfice net nettement inférieur aux attentes des analystes.

Selon un consensus réalisé par l’agence Dow Jones Newswires, ces derniers tablaient en moyenne sur un bénéfice net de 306 millions d’euros, contre 1,22 milliard d’euros au premier trimestre l’an passé. Mais Nokia a néanmoins rassuré jeudi en estimant qu’il allait gagner des parts de marché au deuxième trimestre. Il a en outre maintenu sa prévision relative au secteur de la téléphonie mobile, à savoir une baisse de 10% en volumes cette année.

«Il y a des signes naissants d’une relative stabilité, et j’insiste sur le mot relative, sur le marché», a également commenté le directeur financier de Nokia, Rick Simonson, dans une interview à Bloomberg TV.

Peu avant 16h00 à la bourse d’Helsinki (15h00 en Suisse), l’action Nokia s’envolait de 12%, dans un marché haussier de 3,6%, les analystes décelant le positif dans son rapport trimestriel, notamment dans l’objectif de marge opérationnelle supérieure à 13% au deuxième trimestre, contre 0,6% seulement au premier. «Les marges de la fabrication de téléphone mobile sont bonnes, même si le prix moyen de vente a chuté, cela donne une bonne base pour une amélioration de la rentabilité», a déclaré Hannu Rauhala, de Pohjola Bank, qui redoutait des résultats encore plus mauvais.

Entre janvier et mars, le chiffre d’affaires de Nokia a reculé plus que prévu (-26,8%) à 9,28 milliards d’euros, contre 12,66 milliards à la même période en 2008, affecté par la chute continue du prix de vente des téléphones (65 euros contre 71 au trimestre précédent) et la baisse de ses volumes. Les ventes en volumes ont reculé de 19% sur un an, à 93,2 millions d’unités.

La part de marché Nokia, qui souffre de la concurrence des «smartphones» de ses rivaux RIM et Apple, des téléphones dotés des mêmes fonctions que des ordinateurs – un créneau sur lequel il s’efforce désormais de combler son retard- était stable par rapport au trimestre précédent, à 37%, mais en baisse par rapport à l’an passé, où elle était de 39%.

Le finlandais, qui a lancé depuis janvier un vaste plan de restructuration avec des milliers de suppressions d’emplois à la clé, cherche à réaliser d’ici 2010 ans des économies de 700 millions d’euros.

Sa filiale commune avec Siemens, Nokia Siemens Networks, dont les résultats sont consolidés dans les comptes de Nokia, a dégagé lors des trois premiers mois de l’année un chiffre d’affaires de 2,99 milliards d’euros, en baisse de 12,1% et une perte opérationnelle de 361 millions d’euros, contre -74 millions un an auparavant.