Tamedia subit de plein fouet la récession économique. Le groupe de presse zurichois, qui veut acquérir les activités suisses d’Edipresse, a vu son bénéfice net tomber à 800’000 francs au premier semestre 2009, contre 59,4 millions il y a un an.

Le chiffre d’affaires a pour sa part reculé de 15,9% pour s’établir à 389 millions de francs. «Ce résultat est insatisfaisant», a admis jeudi le directeur général de Tamedia Martin Kall en conférence de presse. Les comptes semestriels sont caractérisés par la sévère récession et par le fléchissement des investissements publicitaires.

Au niveau opérationnel, le résultat (EBIT) a chuté de 95,2% par rapport au premier semestre 2008 pour s’inscrire à 3,5 millions de francs. La marge EBIT a perdu 14,6 points pour dégringoler à 0,9%.

L’effondrement des dépenses publicitaires, un phénomène en cours depuis juin 2008, s’est par exemple traduit par un décrochage de 47,4% des annonces d’emploi dans les quotidiens du groupe. Et le recul devrait se prolonger jusqu’à la fin de l’an prochain au moins.

Véritable poule aux oeufs d’or de Tamedia jusqu’à présent, même le journal gratuit alémanique «20 Minuten» affiche un résultat nettement en dessous de l’année dernière. Son frère romand «20 minutes» n’échappe pas non plus à la tendance négative. Le recul est également marqué pour la «SonntagsZeitung» et «Finanz und Wirtschaft».

Les secteurs télévisuel et radiophonique n’ont pas meilleure mine, à l’exception de «Radio 24». Seul le secteur online, objet d’importants investissements, est florissant.

Pour faire face à la conjoncture défavorable, l’entreprise a pris des mesures d’économies à hauteur de 47,8 millions de francs au premier semestre. Elle a supprimé 80 postes au «Tages-Anzeiger» et au «Bund». Ces restructurations, qui ne sont pour l’essentiel pas encore entrées en vigueur, coûtent en contrepartie 7,9 millions de francs au groupe.

La fin de l’intégration du groupe bernois Espace Media apportera encore son lot d’économies, a déclaré Martin Kall. Il en va de même de la fusion entre «20 minutes» et «Le Matin bleu», liée à l’acquisition d’Edipresse Suisse d’ici à 2013, ou de la reprise par La Poste de la distribution des journaux.

Nouvelle mesure annoncée jeudi par Tamedia, le «Solothurner Tagblatt», dans le rouge depuis longtemps, cessera de paraître à fin septembre. La décision laisse 17 personnes sur le carreau. Ces employés bénéficieront d’un plan social. Edition régionale de la «Berner Zeitung», le quotidien soleurois avait été lancé par Espace Media en 2001 pour concurrencer la «Solothurner Zeitung».

Impressum exige que les employés concernés soient réaffectés au sein du groupe. En pleine crise économique, il sera difficile pour eux de retrouver un revenu assurant leur existence, selon le syndicat. Inquiet lui aussi, comedia appelle Tamedia à «prendre au sérieux» les éventuelles propositions du personnel destinées à éviter les licenciements.

Le groupe zurichois reste pessimiste sur l’évolution de ses affaires à court terme. «Nous nous attendons à ce que les effets de la crise continuent à entraîner des pertes pour 2009 et 2010», prévient Martin Kall. A plus long terme, le président du conseil d’administration Pietro Supino entrevoit en revanche une reprise et des «perspectives favorables» car le groupe est «bien structuré».