Banque

Bénéfice en recul et masse sous gestion stable en 2014 pour la Banque Syz

Syz prévoit en 2014 un bénéfice en léger repli et une masse sous gestion stable. Le groupe bancaire genevois, qui changera de nom en février, s’attend à une année 2015 «difficile et compliquée». Une participation au programme américain a été écartée

«Nos chiffres définitifs seront publiés en mars, mais nous estimons que notre bénéfice devrait être légèrement inférieur à celui de l’année dernière et la masse sous gestion plus ou moins la même», a indiqué à awp le directeur général (CEO) Eric Syz. En 2013, le groupe avait engrangé un bénéfice de 26 millions de francs et gérait 28,7 milliards.

Un reflux technique s’est produit l’année dernière, suite au changement d’un gérant de fonds. C’est une pratique courante pour les investisseurs institutionnels de se retirer automatiquement dans ce cas de figure. Les sorties de fonds ont toutefois été compensées par des afflux dans les activités de la banque privée.

Le groupe a par ailleurs décidé de ne pas participer au programme américain de régularisation fiscale. Après des vérifications internes, l’établissement genevois est arrivé à la conclusion qu’il n’était concerné. «Nous avons le grand avantage de ne pas avoir de problèmes hérités du passé, car nous sommes une banque jeune», assure le directeur général.

«Le franc fort et le secret bancaire faisaient partie des conditions-cadres à l’époque, mais nous avons décidé dès le début de miser sur la qualité du service et la performance, car ce sont deux paramètres que nous maîtrisons», explique-t-il.

Pas de changement de modèle

La perspective de l’entrée en vigueur de l’échange automatique des données (AIA) le laisse indifférent. «Cela ne va pas changer notre «business model» car nous avons misé dès le début sur la conformité fiscale», soutient Eric Syz, qui reconnaît néanmoins que la récente inflation réglementaire pèse sur les coûts.

Les départements conformité/juridique de Syz sont composés au total de douze personnes, contre huit il y a encore cinq ans. Le groupe compte 440 emplois à temps plein.

Année difficile

L’année qui vient de s’ouvrir est attendue comme «difficile et compliquée». La décision de la Banque nationale suisse (BNS) d’abolir le taux plancher et d’introduire des taux d’intérêt négatifs aura des répercussions modérées pour le groupe.

Les décisions de la BNS auront toutefois un «impact» négatif sur les revenus, même si M. Syz se refuse à le chiffrer pour l’instant. «Cela ne va pas nous affecter de manière majeure», relativise-t-il.

La banque genevoise renonce pour l’instant à répercuter les taux négatifs sur ses clients, même s’il n’exclut une telle solution pas à l’avenir. Tout dépendra de l’évolution du taux fixé par la BNS.

Eric Syz n’accable pas pour autant la banque centrale. Il juge cependant «inappropriée» la communication de l’institut d’émission juste avant l’annonce du 15 janvier. «Cela devenait difficile pour la BNS de soutenir le franc. Il y a également une chose dont on ne s’est pas rendu compte: à travers le cours croisé, la BNS soutenait aussi le dollar en reconvertissant une partie des euros achetés en dollars».

Nouveau nom

L’année 2015 marquera un tournant pour le groupe qui changera de nom, suite au départ des associés et fondateurs Alfredo Piacentini et Paolo Luban. L’entité s’appellera «Syz» à partir du 1er février, contre «Syz & Co» auparavant. Toutes les activités de la banque seront regroupées sous cette «marque ombrelle».

Eric Syz détenait déjà une participation majoritaire avant ce double départ et contrôle à présent plus de 92% des actions.

Après avoir inauguré une succursale à Edimbourg en fin d’année dernière, Syz s’apprête à ouvrir un bureau à Saragosse, dans les semaines qui vont suivre.

La politique d’expansion du groupe passe aussi par des acquisitions en «Suisse et en Europe», selon Eric Syz. Rien n’est prévu pour l’instant: le directeur général reconnaît qu’il est difficile actuellement de trouver un candidat adéquat.

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